Devant l’ultimatum de la CSA, Mme Longpré persiste et signe. Elle a assuré, jeudi, qu’elle ne se présenterait pas à la CSA vendredi, hier, ce qui signifierait, selon la CSA, qu’elle remettrait sa démission. De son côté, Yves St-Denis déclare que la décision des commissaires en est une administrative : « La seule raison qui a motivé la décision du conseil des commissaires de la CSA concernant le refus de la demande de congé de Chantal Longpré est parce qu’elle a présenté celle-ci avec un mois de retard », a déclaré le président de la Commission scolaire des Affluents.
M. St-Denis a réagi devant les membres des médias à la suite de la sortie médiatique de Chantal Longpré, directrice de l’école Saint-Louis à Terrebonne et présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), qui s’indigne de la décision du conseil des commissaires de la CSA.
Cette dernière devait déposer sa demande de congé avant le 2 mai 2011 et l’a fait environ un mois plus tard, après avoir été réélue à la tête de la FQDE.
La part des choses
Bien qu’il reconnaisse que les propos de Mme Longpré dans les médias l’irritent, M. St-Denis assure qu’ils n’ont aucunement été considérés dans cet épineux dossier.
Toutefois, il n’est pas surpris de voir que plusieurs personnes tentent d’établir un lien entre le refus de la Commission scolaire et les propos sévères de Mme Longpré envers les commissions scolaires, qu’elle souhaite abolir. « En prenant cette décision administrative, on savait très bien que plusieurs établiraient des liens. Mais nous répétons que ça n’a absolument rien à voir avec notre décision. On ne peut pas baser notre décision sur ses performances médiatiques », réagit M. St-Denis.
Il ajoute que la CSA, en tant qu’organisme public, a une responsabilité d’équité envers ses employés. « Nous devons appliquer nos règles à la lettre. Nous avons 5000 employés et plusieurs d’entre eux nous demandent des congés. Si nous faisons un changement, nous allons créer un précédent et les employés vont nous le reprocher. Nous ne pouvons pas faire une exception parce qu’il s’agit de Chantal Longpré. L’histoire fait beaucoup de bruit, car il s’agit de Mme Longpré », poursuit-il.
Yves St-Denis en a ras-le-bol
S’il répète que la décision des commissaires n’a rien à voir avec la teneur des propos de Chantal Longpré, il reconnaît toutefois qu’il en marre de voir celle-ci critiquer la pertinence des commissions scolaires.
« Ces agissements sont difficiles à gérer et ce n’est pas seulement nous qui le rapportons. La Fédération des comités de parents du Québec et la Fédération des commissions scolaires du Québec ont aussi manifesté leur mécontentement. Elle fait un ramassis de toutes sortes d’inventions qui rendent des centaines de milliers de parents inquiets.
Un retard volontaire ?
Le président de la CSA ne se gêne pas pour affirmer que la demande de congé tardive de Mme Longpré est volontaire.
« Elle savait très bien ce qu’elle faisait. Mme Longpré connaî
t les règles et les délais. Elle avait jusqu’au 2 mai pour faire sa demande et elle a attendu pour s’assurer de se faire élire une fois de plus. Elle a voulu nous placer devant les faits accomplis et elle l’a fait volontairement », opine M. St-Denis.
Celui-ci indique pourtant qu’il ne voit pas quel motif aurait pu servir de refus à ses commissaires si la demande avait été formulée à l’intérieur des délais. « Si elle avait fait sa demande selon les règles, je ne vois pas pourquoi nous aurions pu refuser sa demande. Nous n’aurions pas pu le faire à cause de la teneur de ses propos.
La réplique de Chantal Longpré
Indignée contre la décision des commissaires, Chantal Longpré ne comprend pas pourquoi elle a obtenu un congé professionnel en 2008, et qu’elle ne peut pas l’obtenir cette fois-ci.
« J’ai fait les mêmes démarches qu’en 2008, mais on me le refuse cette fois-ci. J’aimerais aussi savoir pourquoi ça a pris quatre mois avant d’analyser ma demande et de rendre une décision. Voilà un autre exemple de bureaucratie », lance-t-elle.
De mémoire, Mme Longpré soutient qu’elle avait aussi fait sa demande après les délais de la CSA et qu’aucune embûche n’était survenue, en 2008.
Selon elle, la CSA a profité de règles administratives pour la bâillonner. « C’est une façon détournée de faire taire les directeurs d’école », croit-elle.
Mme Longpré indique qu’elle ne pouvait pas formuler une demande de congé à la CSA en ne sachant pas encore si elle allait être réélue. « J’ai fait la demande le 31 mai alors que j’ai été réélue le 28 mai. Il m’était impossible de la faire dans les délais respectés en ne connaissant pas la suite des événements. Il savait très bien que je voulais renouveler mon mandat et que j’allais demander un congé professionnel », insiste Mme Longpré.
Pas question de démissionner
Chantal Longpré n’entend pas plier l’échine, dans le litige l’opposant à la CSA. « Je n’irai pas à la CSA vendredi (hier), et je veux demeurer présidente de la FQDE. J’ai été élue par les membres et il n’est pas question que des gens élus par 8 % de la population viennent ingérer. Je ne veux pas démissionner de mon poste de directrice. Une démission est censée être un choix et ce n’est pas mon cas. Je veux conserver mon lien d’emploi avec la CSA. » Rappelons que Mme Longpré a fait une plainte à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. « S’il faut aller plus loin sur le plan juridique, nous allons le faire, puisque cette décision n’a aucun sens », conclut-elle.
