Le Conseil du Trésor a décidé de mettre un frein aux travaux du Train de l’Est. Les coûts du projet piloté par l’Agence métropolitaine de transport sont passés de 478 millions à 665 millions.
En entrevue avec l’Hebdo Rive Nord, la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne confirme qu’aucun contrat ou nouvel appel d'offres ne sera lancé par l'Agence métropolitaine de transport tant que le projet ne sera pas réexaminé, même si les contrats en cours se poursuivent.
Infrastructure Québec devra ainsi réévaluer tous les travaux de construction et d’aménagement liés au projet et remettre un rapport au Gouvernement en décembre prochain.
« Il y aura donc un moratoire pour déterminer et comprendre ce qui a engendré l’explosion des coûts. Ce délai va permettre entre autres à Infrastructure Québec et au Gouvernement de prendre les moyens nécessaires pour mieux gérer ce genre de chantier et faire adopter une saine gestion des fonds publics et l’argent des contribuables », précise la ministre.
Questionnée à savoir ce qui a causé le dépassement des coûts prévus, Mme Courchesne avoue que le projet a grandement changé depuis 2006. Selon elle, la hausse des coûts serait entre autres attribuable à la construction d’un tronçon ferroviaire à l’extérieur de l’île de Montréal.
Elle ajoute que « le Bureau d’audiences publiques de l’environnement (BAPE) a aussi fortement recommandé de prendre des mesures en matière de protection sonore et environnementale. Le BAPE espère que le projet tienne compte de la sécurité des gares, de l'électrification du réseau, du contournement de l’usine de munitions General Dynamics de Le Gardeur et de l’ajout de mesures additionnelles de sécurité au-dessus de l'autoroute 640 », explique Michelle Courchesne.
En d’autres mots, la ministre assure que cette pause a pour but de resserrer les règles de gestion de projet sur les chantiers, de mesurer les chiffres exacts et d’entretenir un contrôle des risques.
« Le gouvernement du Québec exige un rapport détaillé sur la planification des 51 kilomètres de voie ferrée du Train de l'Est, compte-tenu des modifications ajoutées au projet depuis 2006», renchérit-elle.
Pourquoi l’annonce aujourd’hui?
« Le ministre Sam Hamad et moi étions déjà au courant du dépassement des coûts dans ce projet. Cela fait maintenant plusieurs semaines, que l’on travaille là-dessus et l’AMT est venue au Conseil du Trésor pour nous montrer un rapport préliminaire au mois de janvier dernier. Les chiffres exacts tels qu’on les connaît aujourd’hui ont toutefois été révélés en fin juin et depuis ce temps nous nous sommes afférés à résumer l’état de la situation », avoue la ministre Courchesne.
« Ce sera par le biais de rapports mensuels qu’Infrastructure Québec et l’AMT travailleront de concert avec le Gouvernement pour s’assurer une meilleure coordination dans le projet et éviter que l’on ait de mauvaises surprises », déclare-t-elle. Le Conseil du Trésor confirme toutefois que cette décision ne remettra pas en cause le projet. Il demeure cependant prudent quant à l’échéancier et espère que le train soit en marche à l’automne 2013.
Il y aura donc un moratoire pour déterminer et comprendre ce qui a engendré l’explosion des coûts. - Michelle Courchesne
Réactions dans la MRC L’Assomption
Selon Normand Grenier, président de la Commission de transport de la MRC L’Assomption, il s’agit d’une bonne gestion de la part de la ministre Courchesne. « Les coûts de construction estimés du train de banlieue ont explosés et il est normal que le Conseil du Trésor réagisse en demandant à Infrastructure Québec de réviser tous les travaux du projet », dévoile-t-il.
M. Grenier ajoute que « les évaluations ont été faites il y a cinq ans, ce qui fait en sorte que les coûts réels du projet ne sont pas vraiment respectés étant donné que les chiffres étaient trop éloignés de la réalité actuelle ».
De plus, Normand Grenier estime que le BAPE a ajouté les coûts réels notamment avec la réévaluation et le contournement de l’usine General Dynamics. Il ajoute aussi que le scénario dans ce genre de projet est récurrent.
« On a qu’à penser au métro de Laval qui a connu une situation semblable dans le passé », mentionne-t-il.
Normand Grenier assure toutefois que le projet de la gare à Charlemagne ne sera pas menacé car selon ses dires, « ce projet de construction ne représente pas vraiment les coûts les plus élevés. Ce qui coûte le plus chers c’est surtout l’élaboration des infrastructures de ponts et de jonctions sur l’autoroute 640 », conclut-il.
