L’idée de la construction d’un fort à L’Assomption s’impose en 1967 pour rendre hommage au 250e anniversaire de la fondation de L’Assomption. C’est un groupe de bénévoles de 25 hommes qui se regroupe en 1971 afin de commencer à bâtir murailles, tours militaires et passerelles pour reconstituer le régiment français de La Sarre, dont une trentaine de soldats se sont établis à L’Assomption et dans les environs autour de 1756. La construction du fort s’achèvera en 1975 et les hommes s’y installent pour reconstituer le métier de soldat tel qu’il se pratiquait dans l’armée française au 18e siècle.
Le fort de L’Assomption, qui appartient à la municipalité, n’a donc aucune valeur historique, il s’agit davantage d’un souvenir et d’une attraction. « On est conscient que le fort de L’Assomption a été construit par de grands bénévoles avec beaucoup de sentimentalisme », souligne Louise T. Francoeur. Il a été bâti avec le bon vouloir des hommes, mais ces derniers n’avaient pas de normes de construction sur lesquelles se baser. »
Normes non respectées
Aujourd’hui, la façon dont le fort a été érigé ne correspond plus aux normes régulières de bâtiment. « Par exemple, les portes ne sont pas assez larges, elles ne s’ouvrent pas du bon côté et il n’y en a pas au deuxième étage », explique la mairesse de L’Assomption. Ceci n’est qu’un exemple de ce que l’on peut voir étant donné qu’il y a d’autres normes non respectées qui ne se voient pas à l’œil nu. « Nous ne savons pas avec quoi il a été isolé ni comment il est fait à l’intérieur des murs », ajoute la mairesse.
Et le fort ne peut être considéré comme bâtisse patrimoniale puisque sa construction est trop récente. « Nous n’avons pas le choix d’appliquer les normes maintenant qu’il y a un rapport écrit », affirme Mme Francoeur.
Afin d'en apprendre davantage sur les rénovations que requièrent le fort, la ville de L’Assomption a demandé un « carnet de santé » qui mentionnera en quoi les réparations requises consistent. Ce carnet, demandé depuis le début janvier, est attendu d’ici quelques semaines. « Une fois qu’on l’aura reçu, le conseil délibérera, nous soupèserons le pour et le contre et nous déciderons si nous investissons de l’argent dans le bâtiment, émet la mairesse de L’Assomption. Pour l’instant, je ne sais pas ce qui va se passer. »
De local de soldats à salle de réception
Au fil des ans, la vocation du fort de L’Assomption a peu à peu changé. Au début, le bâtiment ne servait qu’aux soldats du régiment de La Sarre qui faisaient des reconstitutions. « Au début, il n’était construit que pour les soldats, mais maintenant, le fort est loué à des gens pour des réceptions, où nous n’avons pas le contrôle du nombre de personnes qui le fréquentent en même temps », indique Louise T. Francoeur.
Le fort de L’Assomption est une salle fort prisée pour les organismes et les réceptions privées. C’est le seul local appartenant à la ville de L’Assomption - mis à part la salle communautaire dans le secteur Saint-Gérard-Majella, qui a une petite capacité - qui reçoit des groupes privés.
« Nous avons reçu le rapport de la firme à une semaine et demie de Noël et nous avons été obligés de déménager les groupes qui avait réservé le local, ajoute Louise T. Francoeur. Heureusement, nous avons réussi à déplacer tous les groupes pendant la période des Fêtes. »
Toutefois, à long terme, le problème est récurrent puisque des organismes tels que les Alcooliques anonymes ou le Club de prières de L’Assomption utilisaient le local régulièrement. « Nous sommes obligés de trouver des solutions de rechange et il n’en mouille pas à L’Assomption, il y a un manque flagrant de salles et dorénavant un surplus de la demande. J’ai aussi hâte que les citoyens de savoir ce qui va se passer. »
Jusqu’où aller?
La mairesse, Louise T. Francoeur, n’a aucune idée des coûts qui seront requis pour procéder aux rénovations du fort. « Jusqu’où pourra-t-on aller?, se demande l’élue. Ce sera une décision déchirante, on sait qu’il y a un attachement émotif des citoyens envers le fort. »
Elle précise qu'un bâtiment municipal doit montrer l’exemple et ne peut aller à l’encontre des règlements. « Nous ne pouvons pas faire d’exception. Si un bâtiment est considéré comme étant dangereux pour la sécurité, nous nous devons de le fermer. On ne peut pas fermer les yeux », conclut la mairesse de L’Assomption.

Comme pour les autres organismes communautaires de l'Assomption, il est très difficile de recruter présentement. Avec l'ère des jeux électroniques. Avec les nouvelles constructions qui amènent de nouvelles familles avec de jeunes enfants ou bien des pensionnés, c'est une décennie qui est sévère pour tout les organismes. C'est un cycle, les enfants vont grandir et si on leur enseigne l'histoire locale, ils vont probablement s'intéresser à celle-ci. Peut-êtres même les nouveaux parents, quand leurs enfants seront plus grands, choisiront de s'intégrer au régiment. Non ce n'est pas un bâtiment plus que centenaire, mais il fait quand même corps avec l'histoire de l'Assomption et sa vision du patrimoine. Oui c'est un patrimoine que Christian Roy et les bénévoles ont laissés. J'y ai personnellement passé plusieurs journées, demi-journées et heures à la réparation et l'entretient de ce joyaux. Oui il y a des améliorations à y faire pour le rendre conforme aux normes de sécurité d'aujourd'hui. Je tiens à souligner qu'il n'y pas que le régiment qui utilise ce fort. Les AA, le club de prière, les journées de la culture, le théâtre Hector-Charland, nombreux événements médiévaux, beaucoup de mariages, quel endroit merveilleux pour sortir de l'ordinaire, le cercle des fermières avec la journée de la Sainte-Catherine, les scouts, c'est un sujet merveilleux pour les photographes, même le conseil municipal l'utilise. Si on détruit ce monument de l'Assomption, on détruit du même coup les rêves de bien des gens et organismes. Si vous voyiez les yeux des enfants quand ils entrent dans ce fort, contrairement à rentrer dans la salle communautaire adjacente à l'hôtel de ville, vous comprendriez... monsieur Denis et les autres qui penseraient comme lui.