Quand préjugés et allaitement vont de pair

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Geneviève Geoffroy
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Vous vous promenez au centre commercial et soudainement, vous tournez votre regard. Dans votre champ de vision, une femme donne le sein à son nouveau-né. Quelle est votre réaction?

L’acceptation de l’allaitement en public constitue l’objectif premier du Défi Allaitement 2012.

Si certains estiment que c’est là l’image d’une situation tout à fait normale, mais rappelons qu’en janvier 2011, une femme s’était fait interdire d'allaiter son enfant dans un magasin de Montréal. Une manifestation en soutien à cette mère a été tenue par la suite par des femmes indignées de cette interdiction.

Bien qu’il soit naturel, l’allaitement, encore aujourd’hui, suscite la controverse. Doit-on allaiter ou non? Peut-on allaiter en public ou non? « Malgré que l’allaitement soit de plus en plus présent sur la place publique, la manière dont on en parle n’est pas toujours positive, on entend davantage parler de ces mini scandales que des bienfaits de l’allaitement par exemple », explique Geneviève Rinfret, membre du conseil d’administration de Nourri-Source Lanaudière et responsable de Nourri-Source, secteur Lamater.

C’est dans l’optique de démystifier les stéréotypes et les mythes entourant l’allaitement que se tiendra encore une fois cette année, partout en Amérique du Nord – et dans les pays dits industrialisés -, la Semaine mondiale de l’allaitement du 1er au 7 octobre.

« La Semaine se déroule à la 40e semaine de l’année courante ce qui correspond à 40 semaines de gestation », précise Geneviève Rinfret. Ailleurs, dans le monde, elle se déroule du 1er au 7 août.

Comprendre le passé, planifier l’avenir

Le thème de la Semaine de l’allaitement 2012 : comprendre le passé, planifier l’avenir.

« Il n’y a pas si longtemps, dans les années 60-70, au temps de la révolution sexuelle et de la libération de la femme, l’allaitement était hautement diabolisé, relate Geneviève Rinfret. Les enfants de cette génération sont communément appelés des ‘’bébés biberons’’. Ce n’est que depuis les années 2000, moment où les recherches ont confirmé que l’allaitement maternel était le meilleur moyen de nourrir son enfant qu’il est mieux perçu par les femmes et la société. »

À cet effet, notons que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) promeut activement l’allaitement maternel, qu’elle considère comme la meilleure alimentation pour les nourrissons et les jeunes enfants.

« L’allaitement maternel est l’un des moyens les plus efficaces de préserver la santé et d’assurer la survie de l’enfant. D’ailleurs, allié à une alimentation d’appoint, il aide à prévenir la malnutrition », affirme l’OMS sur son portail.

Si l’allaitement maternel est aujourd’hui considéré comme le meilleur moyen de nourrir son enfant par les plus hautes instances de santé, la perception des femmes et de la population, elle, c’est autre chose, fait remarquer Geneviève Rinfret.

« Ces quelques jours sont très importants pour nous, il s’agit là de moments précieux où les yeux et les caméras sont tournés vers nous, où l’allaitement maternel dispose d’une tribune large et publique. Les gens ont besoin d’être informés; les compagnies et les lobbyistes faisant la promotion du lait maternisé ont les moyens de diffuser leur message à travers de multiples publicités, pour l’allaitement maternel, c’est grâce à ces quelques jours où les médias seront tournés vers nous que c’est possible », exprime Geneviève Rinfret.

Avoir le choix

Si, dans les années 60-70, dans la foulée de la montée du féminisme, les femmes qui allaitaient étaient victimes de préjugés – à cette époque, même les médecins de famille offraient des échantillons de lait maternisé aux femmes enceintes - aujourd’hui, c’est plutôt le contraire. Notamment, dans les hôpitaux, les femmes qui décident de ne pas allaiter leur nouveau-né pourront sentir une certaine pression des infirmières, du médecin ou de l’entourage, lesquels prônent aujourd’hui ce moyen naturel d’alimenter son enfant.

« C’est le retour du balancier : tout le monde sait que l’allaitement maternel est le meilleur moyen de nourrir son enfant, mais la femme doit toujours avoir le choix. Il faut aussi que nous travaillons sur cette perception », affirme la porte-parole de Nourri-Source Lanaudière.

Elle ajoute qu’aujourd’hui l’allaitement est de moins en moins présenté comme une prison pour la femme, puisqu’avec l’avènement de l’égalité des sexes et du partage des tâches, le conjoint est amené à être davantage impliqué dans la gestion de l’alimentation de l’enfant, ce qui n’était pas le cas il y a une trentaine d’années.

La peur de l’allaitement

En plus des préjugés, un autre facteur jouerait en défaveur de l’allaitement maternel : le culte du corps parfait devenu omniprésent dans la société actuelle.

« Dans une société de l’image comme la nôtre, pour les femmes, les seins, c’est plus sexuel qu’autre chose. Aujourd’hui, les femmes ont la pression de toujours être parfaite et d’avoir le corps parfait, mais attention, ce n’est pas tant l’allaitement que la grossesse elle-même qui modifieront le corps », prévient-elle.

À cet effet, mentionnons que, selon l’OMS, l’allaitement atténue le risque de cancer du sein et de l’ovaire à un âge plus avancé, aide les femmes à retrouver plus vite leur poids d’avant la grossesse et permet de lutter contre l’obésité.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire pour que l’allaitement soit perçu tel qu’il est : un moyen de nourrir son enfant et de créer un lien affectif avec lui. On ne devient pas l’esclave de notre enfant parce qu’on l’allaite : quand on décide d’avoir une progéniture, d’une manière ou d’une autre, nous sommes soumis à ses humeurs et à ses besoins », conclut Geneviève Rinfret.

Quelques activités dans le cadre de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel

Nourri-Source Lanaudière, secteur Meilleur, a planifié quelques activités dans le cadre de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, notamment la « Meilleur halte », le jeudi 4 octobre, de 12h30 à 16h30, au Centre à Nous (entrée principale) 50, rue Thouin à Repentigny.

Il y aura des conférences et des kiosques sur l’allaitement, le dévoilement du concours de photos, des jeux interactifs, une halte-garderie et un stationnement pour poussette. Des prix de présence seront également distribués ainsi qu’une petite collation. Au cours de la semaine, Nourri-Source Lanaudière, secteur Meilleur, offrira également un atelier sur le langage des signes pour bébés qui sera suivi d’un buffet.

Pour information : 450 470-0770, poste 510 ou meilleur@nourri-source.org.

Organisations: Organisation mondiale, Centre à Nous

Lieux géographiques: OMS, Montréal, Secteur Lamater Amérique du Nord Secteur Meilleur Rue Thouin Repentigny

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