Electrolux : un autre scandale de la délocalisation

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Olivia Nguonly
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La fermeture de l’usine de L’Assomption n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de cette « guerre contre l’emploi » qui se vit en occident. Interrogé par Paul Arcand le jeudi 3 mars sur les ondes du 98,5, Éric Laurent, grand reporter et auteur du livre Le scandale des délocalisations, explique que le dossier Electrolux s’inscrit dans une activité de « magasinage » à laquelle procèdent aujourd’hui les entreprises.

Le transfert des opérations devrait débuter en juin 2012 pour l’usine Electrolux de L’Assomption. Photo : archives

« Cette dynamique détruit l’emploi en occident et ne s’attaque pas seulement aux emplois du domaine manufacturier. Ce sont aussi les entreprises de technologie et de recherche et développement qui partent aujourd’hui », s’indigne-t-il.

M. Laurent cite à titre d’exemple le cas d’une entreprise de programmation située aux États-Unis. Celle-ci octroyait des revenus de 80 000 $ à ses employés, tandis qu’en Inde il ne lui en coûtait que 40 000 $. L’entreprise a mis ses programmeurs américains au pied du mur : 45 000 $ annuellement ou le transfert de ses opérations. Ils ont choisi la baisse draconienne de salaire…

La délocalisation : le jour de la marmotte?

« La situation est de plus en plus préoccupante. On parle de 400 000 à 500 000 emplois perdus par an au profit de la délocalisation », soutient le reporter.

L’animateur radio a demandé à M. Laurent de commenter les allégations du cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec, François Legault. Ce dernier avançait qu’il n’est pas impossible qu’un jour les entreprises n’aient plus à payer d’impôts. « C’est envisageable, puisque la délocalisation leur permet de négocier en ce sens », répond M. Laurent.

Même Silicon Valley, pôle des industries de pointe situé dans la région de la baie de San Francisco en Californie, goûte aux contrecoups de la délocalisation selon lui. Les coûts de production y sont devenus trop élevés, alors les entreprises partent s’installer en Inde, relate-t-il.

Enfin, l’invité de Paul Arcand a conclu en signalant que les avantages de la délocalisation se faisaient ressentir uniquement à court terme et chez les actionnaires de l’entreprise seulement.

Quand les subventions s’envolent avec l’entreprise…

Dans le dossier Electrolux, on sait maintenant que l’usine de L’Assomption a bénéficié d’une aide financière en 2009 de 2,5 millions de dollars d’Investissement Québec.

« En janvier 2011, une lettre a été envoyée aux dirigeants d’Electrolux leur signalant qu’ils étaient en situation de défaut en ne respectant pas l’une des conditions de l’entente, soit le maintien à l’emploi sur cinq ans », précise Chantal Corbeil, conseillère en relations gouvernementales chez Investissement Québec.

En effet, le 14 décembre 2010, Electrolux annonçait que le transfert de ses opérations à Memphis débuterait dans 18 mois, pour s’achever en 2013.

Mme Corbeil n’avait pas de nouveau commentaire à formuler depuis la rencontre de lundi dernier entre son président et le président-directeur général d’Electrolux, Steve McLaughlin. « Notre PDG lui a demandé de nous octroyer un autre mandat et il lui a répondu par la négative. »

Le livre d’Éric Laurent, « Le scandale des délocalisations » est publié chez PLON.

Organisations: Electrolux, Investissement Québec, Coalition pour l’avenir du Québec Silicon Valley

Lieux géographiques: Inde, États-Unis, Région de la baie de San Francisco Californie Memphis

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