« D’ici 10 ans, il manquera 38 000 entrepreneurs au Québec » - Clément Limoges

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Marie-Pierre Gervais
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Clément Limoges, homme d'affaires bien connu dans la MRC de L'Assomption entretient une passion pour le mentorat. Depuis 2005, il est impliqué dans la cellule de mentorat d'affaires de la Jeune Chambre d'affaires et de professionnels Lanaudière. Depuis cinq ans, il met ses efforts dans la formation aux mentors à travers le Réseau M de la Fondation de l'entrepreneurship.

Selon Clément Limoges, le mentorat n’est pas assez bien connu au Québec, mais en plus il est mal perçu par les entrepreneurs.

Clément Limoges a récemment délaissé sa fonction de chef mentor à la cellule de mentorat d’affaires de la MRC de L’Assomption, un poste qu’il occupait depuis sa création en 2004, afin de s’impliquer davantage dans son mandat de formateur au sein de la Fondation de l’entrepreneurship. Dernièrement, il a assisté au colloque économique de l’Alberta pour parler du mentorat, sa deuxième passion. « Mon expérience à ce colloque m’a permis de sortir et de voir ce qui se fait ailleurs puisque l’économie de cette province diffère de celle du Québec. Les gens de l’Alberta se sont montrés intéressés à notre façon de faire du mentorat », explique M. Limoges.

Le Réseau M a le mandat de former de nouveaux mentors et de développer des outils pour les cellules de mentorat au Québec. « La sélection des mentors est très sévère. Au cours d’une entrevue, nous recherchons des entrepreneurs qui ont une grande capacité d’écoute, de savoir-être et une ouverture d’esprit afin d’être en mesure de côtoyer des entrepreneurs de générations différentes du mentor. Les personnes sélectionnées doivent aussi savoir encourager et reconnaître les bons coups, car les entrepreneurs reçoivent très peu d’encouragements au cours de leur carrière », explique M. Limoges.

Le mentorat au Québec

Il y a environ 1500 mentors au Québec et près de 1700 jumelages sont faits annuellement dans la belle province. Il a été prouvé que 73 % des entrepreneurs mentorés franchissent le cap des cinq ans contre 34 % des entrepreneurs qui ne le sont pas. « Le mentor travaille le savoir-être et non le savoir-faire de l’entrepreneur. Ensemble, ils discutent beaucoup d’éthique. Le défi des mentors en tant que gens d’affaires est de ne pas diriger les mentorés, mais de les amener à se développer », explique M. Limoges.

Après 24 ans en affaires et 23 ans d’implication dans la région, Clément Limoges se nourrit du succès des autres. « Ma mission personnelle est d’aider les gens en leur transmettant mes connaissances. Quand le mentorat est arrivé dans la région, je me suis dis que c’était ma chance. J’avais alors l’occasion de guider les jeunes entrepreneurs et de les aider à améliorer leur performance », confie-t-il. Il ajoute qu’il vit les échecs des autres comme des échecs personnels.

Le défi des prochaines années

Selon Clément Limoges, le mentorat n’est pas assez bien connu au Québec, mais en plus il est mal perçu par les entrepreneurs. « Plusieurs entrepreneurs croient que de faire appel à un mentor est synonyme qu’il y a un problème au sein de l’entreprise. Cependant, c’est tout le contraire. Le mentor intervient seulement lorsque l’entreprise va bien et qu’elle progresse. Il ne faut pas le confondre avec un conseiller financier », explique M. Limoges.

Dans la MRC de L’Assomption, il y a présentement près de 60 jumelages faits chaque année. « Il y encore beaucoup de possibilités quand on regarde les entreprises sur le territoire », fait remarquer M. Limoges. D’ici trois ans, la cellule de mentorat espère atteindre 75 jumelages annuellement. « Le mentorat est bénéfique pour un entrepreneur de tout âge qui prévoit faire une acquisition ou tout autre changement. Ça fait du bien de jaser parce qu’on sait qu’un entrepreneur est souvent isolé », précise Clément Limoges.

Un manque alarmant d’entrepreneurs québécois

« D’ici 10 ans, il manquera 38 000 entrepreneurs au Québec. L’entrepreneuriat au Québec a une image négative. Dans la mentalité des gens, ce n’est pas bien d’être entrepreneur. Le grand risque, c’est que les gens d’affaires de l’extérieur vont s’approprier nos commerces », s’alarme Clément Limoges.

En 2012, les gens d’affaires visiteront les écoles à la recherche de jeunes qui ont la flamme entrepreneuriale. « Notre but est de conscientiser les jeunes dès le secondaire sur l’importance des entrepreneurs au Québec et de démystifier ce projet de carrière. Ainsi, les entrepreneurs parraineront des jeunes afin d’entretenir leur flamme entrepreneuriale et de les guider dans leurs parcours professionnels », explique M. Limoges.

Conscientiser les jeunes est une chose, mais encore faut-il que l’appui des parents soit au rendez-vous pour les encourager à poursuivre leur rêve d’entrepreneur. « C’est pourquoi notre défi est d’entrer dans les maisons pour sensibiliser les parents aussi. Si on ne fait rien, dans 10 ans, le manque d’entrepreneurs aura aussi un impact sur l’avenir des mentors », conclut M. Limoges.

Organisations: Jeune Chambre, Fondation de l’entrepreneurship.Clément Limoges

Lieux géographiques: Québec Il, MRC de L’Assomption, Alberta

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