Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), anciennement orthopédagogue et directrice d’école à la Commission scolaire des Affluents, adhère aujourd’hui au mouvement instauré par M. Legault.
« On écoutait mes messages, mais on ne posait pas de gestes en ce sens et il est temps de passer à l’action », explique Mme Longpré, interrogée sur les motifs de son association avec la Coalition.
Dans cette perspective, le mouvement suivra un plan d’action dont l’adage est celui que « le Québec peut et doit faire mieux ».
Refusant de se prononcer sur les enjeux locaux en lien avec des entreprises ou des services publics de la région de Lanaudière, Mme Longpré soutient qu’il est encore tôt pour se prononcer, puisqu’il leur faut d’abord rencontrer les gens des différents milieux afin de déterminer leur réalité.
À cet effet, d’ici la fin de l’année 2011, l’idée sera de cibler les besoins des Québécois par le biais d’une tournée à travers la province.
Quatre grands champs d’action
« La priorité absolue de la Coalition est l’éducation, affirme la présidente de la FQDE. Peu de décisions sont prises dans les écoles et dans les classes, car les enseignants manquent de ressources. Alors oui, il y a quelque chose de différent à faire avec nos écoles. »
Idem dans le secteur des services publics où le désir de Mme Longpré est de « faire descendre les ressources au niveau des élèves et des citoyens; la structure bureaucratique est lourde et il faut y faire le ménage ».
« Une économie de propriétaires et non de succursales »
S’abstenant de commenter le cas de la fermeture d’Electrolux de L’Assomption, notre interlocutrice s’est toutefois prononcée sur la présence des grandes entreprises au Québec : « Quand un siège social élit domicile dans notre province, il faut tout faire pour le garder. Nous devons absolument avoir une ouverture et nous engager à regarder du côté de ses impôts et de son taux de taxation. »
Le manifeste abonde aussi en ce sens en prônant l’intervention du gouvernement en vue de conserver chez nous les centres décisionnels importants, tout en continuant d’encourager l’entreprenariat nécessaire à la création de la relève économique de demain.
La vitalité de notre culture figure aussi parmi les principaux intérêts de la Coalition. « C’est épouvantable d’avoir accepté la loi 103, lance d’emblée Mme Longpré, mais je ne mets pas de côté l’intérêt d’être bilingue. »
Elle ajoute qu’il faut premièrement faire comprendre que lorsqu’on vit au Québec, on vit en français et précise qu’elle ne propose toutefois pas de fermer le Québec à la mondialisation.
Selon les dires de Mme Longpré, la question de la culture et de la langue française sera abordée assez rapidement par la Coalition.
L’indépendance… Un « non » définitif?
« Non, la question nationale n’est pas éludée une fois pour toutes, mais il y a des priorités plus graves et plus urgentes maintenant et ce n’est pas un sujet qu’on envisage pour le moment », allègue Mme Longpré.
« Une fois les changements apportés, la question pourrait être remise sur la table et ce sera à un parti politique de la reprendre », continue-t-elle.
« La Coalition influencera fortement le gouvernement en poste et les partis politiques en ce sens, mais advenant que la question de l’indépendance ne soit pas reprise, ce sera à M. Legault de prendre une décision et aux membres de faire le saut ou non. »
Quant à elle, Chantal Longpré se dit en mode réflexion. Elle n’a jamais envisagé de se lancer en politique et si elle décide de le faire, ce sera par conviction personnelle, précise-t-elle.
« J’aime le domaine de l’éducation et j’ai à cœur la réussite des élèves », conclut la présidente de la FQDE.
