La vraie Josée Deschênes ressemble peu à son célèbre alter ego. C’est que la comédienne a tout fait pour ne pas rester collée à cette image de simplette sympathique. Elle a refusé toutes les Creton qu’on lui offrait au passage.
Josée Deschênes est bien plus que cela et elle l’a d’ailleurs prouvé en élargissant son registre d’interprétation. L’auberge du chien noir, Annie et ses hommes, Tag. Des productions qui lui ont permis de montrer autre chose d’elle. Elle y tenait, elle aime la diversité d’abord et avant tout.
Formée au Conservatoire d’art dramatique de Québec, la comédienne originaire de Jonquière rêvait des planches alors qu’elle n’avait que cinq ans. C’est dire toute la passion qui l’habite. Un petit détour par l’Université Laval pour des études en littérature juste avant de franchir la grande porte du Conservatoire lui donne déjà le goût de jouer les grands classiques.
Si elle reconnaît que La petite vie lui a permis de se faire connaître du grand public, elle sait toutefois qu’une carrière se bâtit en ne comptant que sur soi-même. « C’est vrai que j’ai été chanceuse, mais je les ai créées mes emplois, raconte Josée Deschênes, en précisant que sa carrière a pris son envol lorsqu’elle a fondé sa propre compagnie de théâtre, à Québec.
Durer, un but, une conviction profonde pour cette comédienne au large registre d’interprétation. « D’où l’importance de faire les bons choix, de choisir les bons rôles », explique-t-elle, consciente que les offres de projets ne se présentent pas toujours par multiples de deux. « Aujourd’hui, avec la télévision et la télé réalité, les jeunes ne font pas toujours les choses pour les bonnes raisons, mais pour être une vedette », observe Josée.
Le succès peut arriver vite et facilement pour un acteur dont un rôle à la télévision se démarque. « La petite vie, je ne renierai jamais ça, ça m’a lancée. Mais, c’est une arme à deux tranchants, car on m’a beaucoup offert de rôles similaires ensuite. C’est là que ça devient difficile de faire de bons choix. J’ai eu cette chance de me faire offrir autre chose et j’ai ainsi pu dire non à ce genre de personnage », avoue la comédienne.
À moins que les textes ne soient signés par Claude Meunier, un créateur qu’elle admire énormément. Pas pour rien qu’elle a accepté de reprendre un rôle de composition dans « Appelez-moi Stéphane ». « Meunier a une profondeur dans ses textes. Faire de l’humour absurde qui a une raisonnance, ce n’est pas donné à tout le monde. » Pour elle, l’humour restera toujours un bon médium pour rejoindre le public. « Quand on fait ce métier, c’est pour rejoindre le plus de monde possible. C’est ce que l’humour fait, on le sent bien », soutient-elle. Un genre qui a sa place et qui n’est pas incompatible avec un théâtre plus classique. « On peut être sensibilisé par des choses très profondes et être touché par un show d’humour », pense Josée.
Et qu’aimerait-elle essayer aujourd’hui ? « Le drame, c’est quelque chose que j’aimerais faire. Il y a tellement de choses que je n’ai pas encore faites », constate-t-elle. Mais ce genre de personnages place la comédienne face à un certain paradoxe, puisqu’ils exigent une vulnérabilité, un abandon de soi confrontant pour une personne pudique comme elle. « Je trouve plus difficile de remettre un prix dans un gala en Moi que de jouer un rôle déguisée et cachée dans un personnage. »
Quand on lui offre des rôles, sa réponse dépend d’une série de facteurs. Même un rôle secondaire peut s’avérer intéressant pour cette comédienne sensible. « Je le ferai si j’avais une belle scène à jouer, un cinéaste ou une équipe de comédiens avec lesquels j’aimerais travailler, une qualité des textes aussi. Les tournages, ce sont des rencontres », spécifie l’actrice.
Josée Deschênes se fie de plus en plus à son instinct. « Je ne me trompe pas quand j’écoute ma première impression. Je suis très sensible à ce que les autres dégagent, ça fait partie de notre travail de comédien (d’y être sensible) et c’est très important pour moi. »
Son métier a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui : une femme sensible, profonde et ouverte aux autres. « Ce métier est un exutoire extraordinaire. Il me permet de faire des affaires que je ne me permettrais jamais dans la vie. Il m’a permis d’être plus proche de mes émotions et plus compréhensive de l’être humain. » Et que serait devenue Josée Deschênes sans une carrière de comédienne ? « J’aurais été psychologue. Notre métier touche la psychologie car nous devons comprendre la psychologie des personnages. »
Josée Deschênes ose la diversité
Qui peut prétendre cerner Josée Deschênes ? Comédienne à multiples facettes, celle qui s’est fait connaître en interprétant Creton passe pourtant d’un rôle caustique à un rôle sérieux avec une facilité qu’on ne pouvait soupçonner à l’époque de La petite vie.
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