Dans un environnement économique mobile et interconnecté, il devient difficile de se fier aux autres. Dès qu’un pays éprouve un problème, c’est tout le reste de la roue qui en subit les conséquences. « Au Québec, on s’en sort bien jusqu’à maintenant, mais notre avenir passera par les entrepreneurs. Ce sont eux les vrais nationalistes qui créent le mouvement d’entraînement. La population active du Québec décline et ça prend une relève pour renverser cette situation. »
L’importance de la relève entrepreneuriale fait aussi partie des préoccupations des gens d’affaires de la MRC de L’Assomption. Peter Fogarty, président de la Chambre de commerce Pierre-Le Gardeur de Repentigny affirme que c’est en rassemblant les entrepreneurs locaux, en leur donnant de la formation et en provoquant des prises de conscience collective qu’on arrivera à ne pas passer entre les mains d’étrangers.
« Le plan de relève est un sujet chaud dans bien des entreprises au Québec. C’est aussi la mission de la chambre de commerce d’aider ces jeunes entreprises à venir chercher l’information nécessaire pour être encore meilleure dans leur commerce », précise M. Fogarty.
Négativisme entrepreneurial
René Vézina soulève aussi la problématique d’association négative du mot entrepreneur dans la mentalité québécoise. « Il faudra changer les mentalités et mettre en valeur des modèles de réussite. La culture entrepreneuriale se développe tôt. Il faut donc aller dans les écoles et sensibiliser les jeunes. La couronne nord de Montréal est l’une des régions où la population compte le plus de jeunes au Québec. C’est une grande richesse » explique-t-il.
Peter Fogarty estime quant à lui que beaucoup de jeunes ont déjà la flamme entrepreneuriale et font la différence entre les cas de malhonnêteté isolés et l’ensemble des entrepreneurs. « Il faut surtout éveiller les jeunes et les motiver. Ce n’est pas évident de trouver la relève parce qu’aujourd’hui les jeunes recherchent plus une qualité de vie et un meilleur équilibre entre les loisirs et le travail. Ça ne veut pas dire qu’ils seront moins bons que la génération des baby-boomers, mais ils feront différemment. Au fond, c’est peut-être eux qui auront la bonne approche, on ne le sait pas », dit-il.
Pour Claude Ouellet, président de la Chambre de commerce de L’Assomption, il ne faut pas négliger l’éducation entrepreneuriale pour attirer la jeune relève. « Présentement, dans les écoles, il n’y a pas de cours sur l’entrepreneuriat. C’est notre rôle en tant que regroupement d’affaires de développer des façons de faire pour sensibiliser les jeunes afin de cultiver la mentalité entrepreneuriale positive. Nous sommes présentement en train d’étudier la situation pour arriver avec un plan d’action dans les prochaines années. Nous voulons démontrer à nos jeunes que l’entrepreneuriat c’est possible et accessible en leur exposant des histoires de réussite », explique M. Ouellet.
La récente stratégie du gouvernement du Québec prévoit des investissements supplémentaires de 450 millions $ d’ici 2014, pour soutenir, valoriser et développer les qualités entrepreneuriales au Québec. Ce qui devrait amener la création de 50 000 nouvelles entreprises d’ici 2020.
Chroniqueur/blogueur au journal Les Affaires, René Vézina pratique le journalisme depuis 35 ans. Il a été le rédacteur en chef du journal de 2002 à 2005, a animé pendant trois ans l’émission Finances au réseau TVA et a publié à l’automne 2008 le guide Comment parler aux médias. Il est présent à la radio avec des chroniques quotidiennes, en plus de collaborations fréquentes à différentes stations radiophoniques à travers le Québec.
