Nancy Beauchemin, une jeune enseignante stagiaire a eu une idée tout à fait particulière pour inculquer les mathématiques aux jeunes élèves en sixième année de Pascal Rivard à l'école Au Point-du-Jour à L'Assomption. Il s'agit du projet Ma classe RONA.
Faisant allusion à la populaire émission de télévision Ma maison RONA, celle qui termine présentement sa formation en enseignement à l'Université du Québec à Trois-Rivières tenait à enseigner des notions telles que les aditions, soustractions, calculs de décimaux et estimations dans un concept qui dépasse le cadre scolaire conventionnel. « Avec la fameuse réforme scolaire, on s'est rendu compte que les jeunes apprennent beaucoup plus vite lorsqu'ils sont motivés. Que ce soit à l'école ou dans les loisirs. C'est donc dans cette optique que j'ai voulu travailler avec eux », souligne Nancy Beauchemin.
Afin de mener son projet à terme, elle a pu compter sur l'aide de deux experts de l'équipe des bleus de Ma maison Rona, Stéphan Doucet entrepreneur général, et Nadine Dumais, designer. Ils se sont tous deux rendus à l'école pour rencontrer les jeunes et ainsi leur expliquer le projet. C'est d'ailleurs eux qui ont couronné les deux gagnants; du côté des bleus, Marie-Michèle Lambert et Mathieu Jobin, pour les jaunes. Pour M. Doucet et Mme Dumais, l'opportunité spéciale qu'avaient les enfants d'apprendre les mathématiques est la raison principale pour la quelle ils ont accepté de se joindre à l'idée de Mme Beauchemin.
Selon Nancy Beauchemin, ce projet a permis aux élèves de toucher à plusieurs théories, dans le cadre d'un même travail.
Les jeunes devaient prendre les mesures des éléments pertinents au projet – hauteur de la classe, longueur des murs, mesure des fenêtres. Ensuite, ils ont eu à déterminer une ligne directrice et toute la décoration devait être fidèle à celle-ci. Le loisir, le coucher de soleil, l'eau et le feu sont entre autres des thèmes qui ont fait surface. Le calcul de la surface et de la quantité de peinture, ainsi que l'achat de celle-ci ont également été considérés pour les élèves. Vint ensuite le temps des achats pour la classe de rêve : bureaux de travail, chaises, éléments de décoration, etc. À partir de ces achats, ils devaient respecter un budget qui ne dépasse pas les 5000 $. Les élèves présentaient finalement leur projet, où cinq par classe étaient retenus. C'est à ce stade que Stéphan Doucet et Nadine Dumais ont choisi les gagnants. À titre de récompense, Marie-Michèle Lambert et Mathieu Jobin se sont vus remettre chacun 250 $ de la part de Jean Prud'homme, président de Rona l'entrepôt de Charlemagne, afin de redécorer leur classe respective. « Des mathématiques, ils en ont fait durant ces quatre semaines », ajoute Mme Beauchemin.
Outre l'acquisition de notions mathématiques, Ma classe Rona a également permis aux élèves d'apprendre dans un milieu scolaire peu orthodoxe.
Cette facette était très importante pour la jeune enseignante en devenir. « Souvent, les jeunes élèves se demandent à quoi ça sert, les mathématiques. Avec ce projet, ils ont eu l'occasion parfaite pour découvrir que leur apprentissage a une utilité qui peut servir dans la vie de tous les jours. Ce projet a également été l'occasion pour certains élèves en difficulté de se faire valoir et de se prouver qu'ils sont capables d'effectuer de beaux travaux à l'école. Ce projet a apporté beaucoup d'estime de soi aux élèves qui ont plus de difficultés à apprendre dans les livres. Ceci étant dit, il faut savoir que je me suis tout de même servi des notions qu'il y a dans les manuels. J'ai simplement décidé de les enseigner d'une autre façon. »
Selon Nancy Beauchemin, le plus ardu pour les élèves a été de tout mettre en place. « Au début, la plupart des élèves éprouvaient des difficultés. Ils se demandaient par exemple, pourquoi je dois additionner ou pourquoi je ne dois pas soustraire, mais au moment où ils étaient vraiment au cœur du projet, ils étaient vraiment dans leur bulle, ils travaillaient très fort et prenaient le projet à cœur. »
Finalement, elle s'est dite très heureuse de l'évolution dont les jeunes élèves ont fait preuve durant ces quatre semaines. « J'ai regardé les examens qu'ils ont faits avant la période des fêtes, et même avec les élèves les plus performants, ils avaient de la difficulté avec les décimaux, par exemple. Avec ce projet, ils ont fait un apprentissage exceptionnel, car ils ont appris avec le côté visuel et ont pu voir que leurs efforts parvenaient à un résultat concret.»
