Il existait, il existe et il existera. Depuis des lustres, l'enfer de la drogue fait partie de la réalité de plusieurs adolescents. Le petit sachet de cannabis est présent dans les tiroirs de leur chambre, dans les casiers de leur école et dans les poches de leur manteau. Dans le cadre de la semaine de prévention de la toxicomanie, l'Hebdo Rive Nord s'est entretenu avec une sommité en la matière, Étienne Gaudet, psychoéducateur, conférencier et auteur. M. Gaudet fait de la réadaptation pour le centre Le Tremplin de Repentigny.
Selon lui, il existe autant de raisons de consommer, que de consommateurs. Il y a toutefois des motifs qui sont évoqués plus régulièrement. Parmi ceux-ci, on y retrouve la consommation chez les amis, la curiosité, l'effet que cela procure, pour être cool, pour se détendre et pour contrer la dépression. Si les causes de consommation demeurent les mêmes au fil des générations, l'attitude face au cannabis a beaucoup évolué. « Il y a une vingtaine d'années, il fallait travailler un peu plus fort pour se procurer du cannabis. Les vendeurs étaient plus difficiles à dénicher. Aujourd'hui, donne-moi cinq minutes et je peux t'en trouver ! Il y en a dans n'importe quel parc ou n'importe quel bar. La disponibilité du produit est un facteur qui était moins présent dans la génération précédente », observe Étienne Gaudet.
Cette réalité a provoqué un courant de banalisation. « C'est une évidence absolue, clame-t-il. Nous n'avons qu'à penser au sénat qui songe à décriminaliser la consommation de marijuana. Ça signifie que les jeunes recevraient une amende, s'ils sont pris en flagrants délits. »
Le psychoéducateur ajoute même que cette banalisation fait plaisir à plusieurs parents. « Il y en a beaucoup qui sont des consommateurs de drogue et d'alcool. Si le parent est un consommateur adulte et que la drogue fait partie de sa vie, quelle crédibilité aura-t-il lorsqu'il dira à son enfant que c'est mal de consommer ? Cette facilité d'accès mène tout droit vers l'habitude de consommation », reconnaît M. Gaudet.
Ce qui peut paraître tout nouveau tout beau au début peut vite dégringoler. « Si tu essaies à 12 ou 13 ans et que tu aimes l'effet que ça procure, tu vas le répéter. Tu développes une tolérance et ça fait partie de ton mode de vie. L'aspect spécial est disparu et tu entretiens un état végétatif. Viennent avec cette habitude, les problèmes scolaires et sociaux. La consommation devient une porte d'entrée pour d'autres problèmes. »
