Alors que tous les projecteurs sont braqués sur la nouvelle médaillée olympique, Joannie Rochette, Marcel Bourgeois, de chez Devault la Source du sport, occupe une place déterminante dans les succès de la patineuse artistique.
C’est qu’il est le seul à aiguiser les patins de la patineuse artistique qui a charmé le Canada, lors des derniers Jeux olympiques, à Vancouver.
Le lien qui unit Joannie Rochette au Devault sport ne date pas d’hier. Aujourd’hui âgée de 24 ans, la patineuse fréquente le magasin sportif depuis une vingtaine d’années. Dès ses débuts, c’est Bruno Devault, fondateur de l’entreprise, qui affilait les patins de Joannie. Après s’être occupé d’elle pendant plusieurs années, M. Devault a enseigné à M. Bourgeois l’art d’affiler des patins, l’installation des lames, la vente, etc. Petit à petit, il lui a légué le département du patinage artistique.
C’est aussi Marcel Bourgeois qui s’occupe de la bottine de la patineuse, qui est faite sur mesure pour elle.
Malgré que d’autres pourraient accomplir un travail digne de mention, il est primordial pour Joannie que ses patins demeurent entre les mains de M. Bourgeois. Au niveau qu’elle a atteint, la coupe doit être identique toutes les fois, sans quoi elle sentirait une différence.
M. Bourgeois a d’ailleurs vécu des moments de nervosité, lors des derniers Jeux olympiques. C’est qu’il serait le premier pointé du doigt, si la patineuse devait avoir un défaut sur l’affilage de ses lames. Heureusement, ça n’est jamais arrivé. « Il y a une certaine pression, reconnait M. Bourgeois. Je savais qu’elle s’en allait aux Olympiques, donc la dernière coupe avant qu’elle parte, j’étais nerveux. Même si je fais la même coupe depuis 10 ans, il y avait quelques gouttes de sueur. »
Celui-ci assure toutefois que le même effort est mis pour la patineuse qui en est à ses premières armes.
Marcel Bourgeois et Yvan Devault, copropriétaire, ont d’ailleurs eu une légère frousse, lors du programme long de Joannie Rochette. Bien campés devant leur téléviseur, les deux ont remarqué que la patineuse s’est penchée pour enlever une couche de neige sur ses lames. Finalement, ce n’était pas un problème d’aiguisage.
Pour l’entreprise repentignoise, l’athlète de l’Île Dupas est une grande source de fierté. « C’est hyper valorisant pour nous, car malgré qu’elle soit dans les meilleures au monde, Joannie nous a toujours été fidèle. Elle est hyper respectueuse et ce n’est pas quelqu’un qui a la tête enflée », fait valoir M. Devault.
À l’instar de tous les Canadiens, Marcel Bourgeois et Yvan Devault ont été ébahis devant l’exploit de la Lanaudoise. Rappelons que cette dernière a perdu sa mère, Thérèse Rochette, quelques jours avant qu’elle amorce sa compétition. MM. Bourgeois et Devault connaissaient bien Mme Rochette.
« Elle était partout avec Joannie. Elle s’occupait de ses rendez-vous, elle allait la voir pratiquer et elle assistait à ses compétitions. Trois jours après qu’elle ait appris la nouvelle, j’avais peur que Joannie ne décolle pas. Elle a dû vivre trois jours en pensant constamment à sa mère avant sa compétition », admet M. Bourgeois. Étant donné les circonstances, les deux se disent impressionnés d’un tel résultat. « Elle a réussi une telle performance malgré les émotions, un manque de sommeil et de nourriture. Lorsqu’elle est embarquée sur la glace pour son programme long, elle avait mal aux jambes et au cœur. Compétitionner dans un pareil état… il faut le faire », concluent-ils.




