Non aux écoles passerelles révisées, dit La SSJB



Publié le 11 Juin 2010
Publié le 18 Juin 2010
 
Sujets :
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal , Cour suprême du Canada , Conseil supérieur de la langue française , Québec , Montréal

La section Pierre-Le-Gardeur de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, s’élève contre le nouveau projet de loi 103. « Le gouvernement Charest a décidé d’affaiblir la loi 101 en légalisant l’astuce des écoles passerelles selon les désirs de la minorité anglophone. On ne peut pas accepter cette attitude. La loi 103 ferait en sorte que des individus riches ou aidés par en arrière pourraient se payer un droit. Il y aurait ainsi création de deux catégories de citoyens. Cela est tout à fait odieux et inacceptable », fait valoir Claude Richard, porte-parole de la SSJB locale.

Selon lui, la loi 101 de Camille Laurin a été adoptée à l’origine dans le but de freiner l’expansion des écoles anglaises, qui absorbaient la majeure partie des immigrants et menaçaient à terme le réseau francophone. Cette loi décrétait que les francophones et les allophones devaient fréquenter les écoles françaises. On a alors connu ce que l’on a appelé « la paix linguistique ».

Avec le temps, certains anglophones ont imaginé un moyen de contourner la loi 101. Profitant d’une faille dans cette loi, ils ont encouragé les immigrants et certains francophones à inscrire leurs enfants un an dans une école privée anglaise, ce qui leur donnait ensuite le « droit » d’envoyer cet enfant au réseau public anglophone. Et ce « droit » s’étendait à ses frères et sœurs et se transmettait à leur progéniture.

Brèche colmatée mais renversée

En 2002, le gouvernement de Bernard Landry a colmaté cette brèche dans la loi 101 et interdit la pratique des écoles passerelles, avec la loi 104. Celle-ci a été contestée devant les tribunaux et, l’automne dernier, la Cour suprême du Canada, dans un jugement très critiqué, décidait d’invalider la loi 104 et demandait au gouvernement du Québec d’adopter de nouvelles dispositions.

M. Richard estime que les nouvelles dispositions que veut adopter le gouvernement Charest, celles de la loi 103, sont compliquées et arbitraires, mais elles consacrent le principe qu’il est possible d’acheter un droit si on en a les moyens.

Deux catégories de citoyens

Selon lui, la loi 103 créerait deux catégories de citoyens chez les francophones et les allophones : ceux qui, disposant de suffisamment d’argent, décideraient d’envoyer leur enfant pendant trois ans à l’école privée anglaise et obtiendraient ainsi le statut d’anglophones au sens de la loi 101.

La section Pierre-Le-Gardeur de la SSJBM dit qu’il faut en revenir à l’esprit original de la loi 101. « Pour préserver l’avenir du français au Québec, on doit mettre le réseau scolaire francophone à l’abri en réservant les écoles anglaises aux seuls anglophones, indique Claude Richard. Il est déjà beau que cette minorité dispose de ses propres écoles : dans bien des pays, les minorités n’ont pas droit à cette faveur. Et cela dans un contexte où la langue française perd du terrain non seulement à Montréal mais dans la grande région métropolitaine. »

M. Richard pense que le gouvernement Charest doit se comporter en gouvernement national, et non pas en gouvernement de parti qui veut plaire à sa clientèle principale. « La solution au problème actuel est celle que préconisait il y a quelques semaines le Conseil supérieur de la langue française, dont beaucoup de membres ont été nommés par les libéraux, celle d’étendre la loi 101 aux écoles privées non subventionnées en recourant au besoin à la clause dérogatoire de la Charte des droits. C’est au gouvernement québécois de décider en matière de langue et de culture, et non aux tribunaux, étrangers au surplus. »

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Claude Richard
    - 18 Juin 2010 à 10:36:00

    Petite précision de la personne citée dans l'article: en fait, les deux catégories de citoyens dont il est question dans l'article sont: "ceux qui, disposant de suffisamment d’argent, décideraient d’envoyer leur enfant pendant trois ans à l’école privée anglaise et obtiendraient ainsi le statut d’anglophones au sens de la loi 101",comme dit la citation, et (ce qui manque dans l'article) "les autres, qui observeraient l’érosion, lente peut-être mais inexorable, du système scolaire francophone".

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