Les raisons sont nombreuses pour inciter la population à se faire vacciner rapidement. La plus importante est de protéger un maximum de personnes avant la période des fêtes, pour éviter une troisième vague de grippe A (H1N1) et d'autre décès.
Une autre raison est de profiter de la température clémente pour se déplacer sans problème. Il faudrait aussi utiliser pleinement chaque jour la grande capacité de vaccination pour sauver des coûts au système ainsi que l'énergie du personnel de la santé, très sollicité en cette période de pandémie.
La conséquence la plus grave d'un laxisme de la population à se faire vacciner serait une recrudescence de la pandémie à partir des fêtes. « Nous avons atteint la période de pointe de la pandémie et on espère avoir une couverture maximale de la population d'ici aux fêtes. Avec les mouvements de foule à cette période achalandée de l'année, il pourrait y avoir une recrudescence et provoquer une troisième vague », avise le Dr Jean-Pierre Trépanier, directeur de la Santé publique de Lanaudière.
Le ministre de la Santé et des services sociaux, le docteur Yves Bolduc, recommande donc à toute la population du Québec de se faire vacciner afin de bénéficier de la meilleure protection contre la grippe A (H1N1).
Même au milieu de la pandémie, seulement le tiers de la population du Sud de Lanaudière a reçu le vaccin. Un taux néanmoins comparable à la moyenne nationale, estime Jacques Couillard, directeur responsable de la vaccination au Centre de santé et des services sociaux du Sud de Lanaudière.
« L'objectif national est de 75 %, car on estime à 20 % de cas de grippe », précise-t-il. Parmi les données du CSSS du Sud de Lanaudière, 77 % des enfants de six mois à moins de cinq ans ont été vaccinés, ainsi qu'environ 50 % des enfants du primaire et 38 % des aînés (un chiffre qui devrait vite monter puisqu'il ne tient pas compte des deux dernières journées de vaccination qui leur ont été consacrées). De plus, 3000 ados par jour ont eu le vaccin à leur école secondaire au cours de la semaine.
Quant aux personnes âgées, le CSSS du Sud de Lanaudière affirme que tous les résidents en centre d’hébergement qui le souhaitaient ont reçu le vaccin, de même que la clientèle du soutien à domicile. Les gens des résidences privées conventionnées et des ressources intermédiaires ont également reçu la visite des équipes de vaccination. En outre, 85 % du personnel du CSSS du Sud de Lanaudière a été vacciné, montrant ainsi l'exemple à la population de l'importance de la vaccination.
Après une campagne intense de vaccination, le personnel de la santé a pu souffler vendredi alors que seulement la tournée des écoles secondaires se poursuivait. La vaccination des groupes prioritaires a connu une baisse d'achalandage ces derniers jours, une situation que déplore Michel Bouffard, directeur-général du CSSS du Sud de Lanaudière. « Ça me fait mal au cœur de voir nos 26 “vaccineuses” se regarder en attendant du monde. Ça coûte cher au système lorsqu'il manque de gens à vacciner et qu'on prévoit la pleine utilisation des vaccins. »
M. Couillard évalue à 8 $ le coût brut du vaccin. Ce à quoi on doit ajouter la main-d'œuvre pour le préparer et l'administrer. Mais pour lui, le coût importe peu. « L'important est de maximiser le potentiel de vaccination chaque jour. » Le Dr Trépanier ajoute qu'il faut surtout penser aux bienfaits d'être immuniser.
La clinique de grippe aide l'urgencePar ailleurs, M. Bouffard louange la clinique de grippe, qui a certainement aidé à diminuer jusqu'à 15 sur 36 le nombre de patients sur civière à l'hôpital depuis le 26 octobre. « Le temps clément et la libération de lits sont d'autres facteurs, mais la clinique a contribué. Dans 40 % des cas à cet endroit, les conseils des infirmières ont suffit, ce qui a donné le temps aux médecins de traiter les urgences. »
La clinique de grippe, située au centre multivocationnel Claude-David, à Repentigny, reçoit en moyenne 156 visites par jour d’une clientèle qui présente des symptômes d’allure grippale. À compter du 28 novembre, la population peut se présenter tous les jours, de 8h à 22h, au 135, boulevard Claude-David.
Le Dr Trépanier a dénombré 138 hospitalisations depuis le début de la deuxième vague de la pandémie, le 30 août, dont 22 aux soins intensifs, en plus de cinq décès. Les deux derniers sont survenus en fin de semaine dernière et présentaient eux aussi des maladies sous-jacentes.
