« Claudine est très présente », réitèrent à quelques reprises Daniel Bergeron et Véronique Lussier, deux enseignants en réadaptation scolaire à l’école primaire Louis-Joseph-Huot de Repentigny, secteur Le Gardeur. Claudine Vincent est intervenante en prévention des toxicologies chez Uniatox. Le personnel enseignant de l’école et elle travaillent de paire afin de fournir aux élèves l’information et le soutien dont ils ont besoin au quotidien.
Les élèves veulent des conseils », confie Mme Vincent. L’intervenante s’implique quotidiennement auprès des jeunes, et pas seulement à travers des exposés magistraux, mais en les abordant dans la cour d’école par exemple : « il y a un lien de confiance avec Claudine. Les jeunes ne s’adressent pas à une boîte vocale, il y a un contact d’individu à individu », souligne M. Bergeron.
Briser les mythesComment les élèves réagissent-ils à ce flot d’informations ? Se sentent-ils interpellés ? Mme Lussier, qui travaille en adaptation scolaire auprès de jeunes de 11-12 ans, raconte que certains d’entre eux s’imaginent que la consommation de drogues est un rite de passage obligatoire entre le primaire et le secondaire. « Ils ont des idées préconçues et s’interrogent beaucoup sur le sujet », termine-t-elle.
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Justement afin de répondre aux questions des jeunes et afin de les écouter, Mme Vincent les rencontre dans les écoles de la région. Les deux enseignants rencontrés, M. Bergeron et Mme Lussier, s’entendent pour dire que c’est précisément sa disponibilité et sa grande écoute qui séduisent les jeunes.
«Je ne suis pas là pour les juger», ajoute l’intervenante, qui possède un baccalauréat en psychoéducation et cumule des années d’expérience en centres jeunesses. « Je ne veux pas changer le monde, s’empresse-t-elle de corriger, mais bien faire une différence dans le monde et offrir le plus d’outils aux jeunes. »
«Aujourd’hui, les jeunes veulent être les meilleurs, ils veulent être hot et être reconnus ». Avec plus de vingt ans d’expérience, Étienne Gaudet sait de quoi il parle.
Il enchaîne avec la théorie des feux de circulation : « 80% des jeunes vont expérimenter (vert), 5% sont à haut risque (rouge) et 15% sont flottants (jaune). C’est envers ces derniers que nous devons investir beaucoup de temps et d’énergie afin qu’ils ne tombent pas dans le rouge. Sans pour autant abandonner les autres », affirme M. Gaudet.
Parents«Les parents de jeunes toxicomanes ne devraient pas avoir honte ou se sentir coupables.» - Étienne Gaudet, spécialiste en toxicomanie
Cet abandon, le spécialiste en toxicomanie le dénonce. Selon lui, aujourd’hui les parents ont tendance à rapidement baisser les bras: « ils ne veulent pas de conflit, ni de chicane. Alors ils n’imposent pas de limite à leur enfant », déplore-t-il. « Le travail des parents devrait être d’encadrer, de limiter et d’aimer leur enfant. Ils ne devraient pas avoir honte ou se sentir coupables. Ils devraient plutôt s’informer et profiter du support qui s’offre à eux », renchérit M. Gaudet.
Interrogé sur la manière de détecter la toxicomanie, le spécialiste répond qu’en terme d’alcool, «à partir de cinq consommations, ça peut devenir problématique ». En fait, il dénonce particulièrement la trop grande disponibilité et accessibilité des substances, ce qui a pour effet de banaliser la consommation de drogues et d’alcool.
Une croyance populaire qui touche les toxicomanes le préoccupe. «Pas besoin de toucher le fond pour s’en sortir. On ne veut pas que le jeune se rende là », soutient M. Gaudet.
«Un consommateur dérange six à huit personnes», conclut le spécialiste. « Raison de plus pour faire réfléchir».
