«On n’est pas gros sur deux roues» - Normand Laperrière

Louise
Louise Bourget
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

300 cyclistes participent au tour du silence en mémoire des disparus

«Ironie du sort, avec la mort accidentelle de trois femmes cyclistes récemment à Rougemont, le timing était bon pour faire connaître le tour du silence qui se déroule annuellement en mémoire des cyclistes happés sur les routes», déclare le membre du conseil d’administration du Club Vélodyssée qui organisait l’événement le mercredi19 mai, Normand Laperrière.

Ce dernier participe au tour du silence de Repentigny depuis sa mise sur pied en 2006, car son frère est décédé, il y a 25 ans, lors d’une compétition de vélos en circuit fermé qui se déroulait à Québec. «Ce n’est pas d’hier que nos routes sont en mauvais état. L’accident a été occasionné par un trou dans la chaussée qui a fait chuter quelques cyclistes. Mon frère s’est fracassé la tête contre une automobile mal garée dans une entrée et dont l’arrière débordait de quelques pieds dans la rue. Le choc a été fatal», raconte M. Laperrière

Beaucoup d’émotivité au rendez-vous

Pendant 1h30, les participants ont roulé en silence sur un trajet d’environ 22 kilomètres sur les routes de la municipalité de Repentigny. «C’était très émouvant de voir tous ces cyclistes rouler en silence et la file était particulièrement impressionnante», déclare la présidente du Club Vélodyssée, Danielle Fortin.

Elle ajoute: «Le départ à l’école Entramis était prévu à 18h30, mais dès 17h45, une centaine de cyclistes était sur place pour enfiler le brassard noir symbolique. Par ailleurs, c’est la première fois que nous n’avons pas eu suffisamment de brassards pour tout le monde.»

Un véhicule de la police municipale précédait le cortège composé d’un corbillard, des cyclistes et d’une camionnette. «Pour l’occasion, on avait installé un vélo orné d’une gerbe de fleurs», indique Mme Fortin.

Tout au long du parcours, le cortège a reçu des témoignages de la part des piétons, motocyclistes et automobilistes. «Que ce soit des signes de tête, des encouragements et même des applaudissements», raconte la présidente du Club Vélodyssée.

«C’était très impressionnant de voir la longueur du cortège tout au long du parcours.» Danielle Fortin

Prochaine étape: informer la population

Selon Normand Laperrière, le tour du silence de cette année a permis une sensibilisation encore jamais vue de la situation dangereuse des cyclistes qui partagent la route avec les automobilistes. «Maintenant, il est temps de passer à une autre étape: diffuser l’information pour conscientiser encore davantage la population et inciter les autorités municipales à prendre des mesures concrètes pour minimiser les accidents regrettables comme celui survenu récemment à Rougemont.»

Emprunter donc les pistes cyclables

«On aura vraiment gagné des points quand les automobilistes mécontents vont cesser de nous dire: pourquoi ne prenez-vous pas la piste cyclable à proximité d’ici?», clame M. Laperrière. Selon lui, la raison est simple. «Un cycliste sportif peut rouler en file indienne jusqu’à 30 km/h. À cette vitesse, il est impensable de fréquenter les pistes cyclables qui, dans certaines banlieues, remplacent même les trottoirs. De plus, en raison du type de pneu utilisé par les cyclistes sportifs, c’est impossible de rouler sur le gravier». Il conclut: «La prochaine étape est d’asphalter les accotements de toutes les routes numérotées qui accueillent un débit de 5000 voitures par jour, tel que prévu par le gouvernement, et de diffuser au public qu’un grand nombre de cyclistes partagent les routes avec les divers types de véhicules.»

Organisations: Club Vélodyssée, école Entramis

Lieux géographiques: Rougemont, Municipalité de Repentigny, Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires