Monsieur le laitier, c’est l’heure de la retraite

Normand Riopel prend sa retraite après 38 ans de loyaux services

Geneviève Geoffroy genevieve.geoffroy@tc.tc Publié le 24 octobre 2012

Pendant 38 ans, six jours par semaine, Normand Riopel s’est levé au petit matin, à 4h30 précisément. Au volant de son camion de livraison, il a parcouru des milliers de kilomètres, frappé à des centaines de portes et a vu plusieurs visages.

Au cours des deux dernières décennies, le résidant de l’Épiphanie parcourait sa route et visitait quelque 600 familles et plusieurs commerces, à travers les municipalités de L’Épiphanie, de L’Assomption et de Saint-Roch-de-l’Achigan.

Tout cela dans un seul but : offrir un service de qualité à ses clients. « Vous savez, s’il y a une chose qui n’a pas changé en 38 ans, c’est celle-ci : le client a toujours raison », s’exclame-t-il en riant.

Pendant ces trois décennies, le « Monsieur du lait », comme le surnommait coquinement plusieurs de ses « jeunes » clients, en a vu des choses passer sous son nez. Il a surtout vu la société évoluer et changer.

Ayant débuté dans le métier au début des années 1970, Normand Riopel a surtout vu les femmes quitter la résidence familiale pour se diriger sur le marché du travail et le nombre d’enfants diminuer considérablement. « Avant, lorsque j’arrivais, il y a avait toujours quelqu’un à la maison. La femme était là avec sa petite marmaille de trois ou quatre enfants. Aujourd’hui, les deux parents se retrouvent sur le marché du travail et ils ont un ou deux enfants, les choses ont énormément changé. Souvent, il n’y a personne à la maison, en semaine, pour m’accueillir », remarque-t-il.

Normand Riopel mentionne que certains de ses clients lui laissaient la clé de la maison pour qu’il dépose ses denrées dans le réfrigérateur ou bien que ces derniers laissaient une glacière sur la galerie.

Il raconte aussi l’évolution du marché qui lui aussi a considérablement changé en près de quarante ans. « Maintenant, du lait, on en trouve partout, que ce soit dans des Walmart ou dans des dépanneurs... ». Bien que la concurrence soit aujourd’hui plus féroce, ce facteur n’a pas tellement contribué au fait que le Normand Riopel décide de tout arrêter, le samedi 13 octobre 2012 et de quitter pour de bon ses quelque 600 familles.

« Cela faisait un an ou deux que ça me trottait dans la tête de quitter le métier, mais la goutte qui a fait déborder le vase, c’est lorsque l’on m’a remis une contravention, il y a un peu plus d’un mois de cela, parce que je n’avais pas mis ma ceinture de sécurité pour un déplacement entre deux maisons, dans un quartier résidentiel », s’indigne-t-il en soulignant que le métier de laitier doit effectivement se faire rare lorsqu’une telle contravention est émise.

« Des laitiers, c’est comme les boulangers, les bouchers, les nettoyeurs à domicile, comme mon père, et les tailleurs. Ces métiers disparaissent et laissent la place aux grossistes », dit-il soulignant que sa ronne de lait ne sera pas reprise dans le coin. Toutefois, Normand Riopel n’est pas du tout amer. Lorsqu’on lui demande ce qu’il fera maintenant qu’il est à la retraite, il répond qu’il va s’ennuyer. « Mais ce sera une bonne ennuyance (sic) », dit-il. Et, lorsqu’il trouvera le temps un peu trop long, il pourra toujours prendre un verre de vin à la santé de ses clients (il a reçu plusieurs bouteilles en cadeau) tout en lisant ses cartes de remerciements remplis de mots réconfortants.

Monsieur le laitier, c’est l’heure de la retraite

Normand Riopel prend sa retraite après 38 ans de loyaux services

Geneviève Geoffroy genevieve.geoffroy@tc.tc Publié le 24 octobre 2012


Pendant 38 ans, six jours par semaine, Normand Riopel s’est levé au petit matin, à 4h30 précisément. Au volant de son camion de livraison, il a parcouru des milliers de kilomètres, frappé à des centaines de portes et a vu plusieurs visages.

Au cours des deux dernières décennies, le résidant de l’Épiphanie parcourait sa route et visitait quelque 600 familles et plusieurs commerces, à travers les municipalités de L’Épiphanie, de L’Assomption et de Saint-Roch-de-l’Achigan.

Tout cela dans un seul but : offrir un service de qualité à ses clients. « Vous savez, s’il y a une chose qui n’a pas changé en 38 ans, c’est celle-ci : le client a toujours raison », s’exclame-t-il en riant.

Pendant ces trois décennies, le « Monsieur du lait », comme le surnommait coquinement plusieurs de ses « jeunes » clients, en a vu des choses passer sous son nez. Il a surtout vu la société évoluer et changer.

Ayant débuté dans le métier au début des années 1970, Normand Riopel a surtout vu les femmes quitter la résidence familiale pour se diriger sur le marché du travail et le nombre d’enfants diminuer considérablement. « Avant, lorsque j’arrivais, il y a avait toujours quelqu’un à la maison. La femme était là avec sa petite marmaille de trois ou quatre enfants. Aujourd’hui, les deux parents se retrouvent sur le marché du travail et ils ont un ou deux enfants, les choses ont énormément changé. Souvent, il n’y a personne à la maison, en semaine, pour m’accueillir », remarque-t-il.

Normand Riopel mentionne que certains de ses clients lui laissaient la clé de la maison pour qu’il dépose ses denrées dans le réfrigérateur ou bien que ces derniers laissaient une glacière sur la galerie.

Il raconte aussi l’évolution du marché qui lui aussi a considérablement changé en près de quarante ans. « Maintenant, du lait, on en trouve partout, que ce soit dans des Walmart ou dans des dépanneurs... ». Bien que la concurrence soit aujourd’hui plus féroce, ce facteur n’a pas tellement contribué au fait que le Normand Riopel décide de tout arrêter, le samedi 13 octobre 2012 et de quitter pour de bon ses quelque 600 familles.

« Cela faisait un an ou deux que ça me trottait dans la tête de quitter le métier, mais la goutte qui a fait déborder le vase, c’est lorsque l’on m’a remis une contravention, il y a un peu plus d’un mois de cela, parce que je n’avais pas mis ma ceinture de sécurité pour un déplacement entre deux maisons, dans un quartier résidentiel », s’indigne-t-il en soulignant que le métier de laitier doit effectivement se faire rare lorsqu’une telle contravention est émise.

« Des laitiers, c’est comme les boulangers, les bouchers, les nettoyeurs à domicile, comme mon père, et les tailleurs. Ces métiers disparaissent et laissent la place aux grossistes », dit-il soulignant que sa ronne de lait ne sera pas reprise dans le coin. Toutefois, Normand Riopel n’est pas du tout amer. Lorsqu’on lui demande ce qu’il fera maintenant qu’il est à la retraite, il répond qu’il va s’ennuyer. « Mais ce sera une bonne ennuyance (sic) », dit-il. Et, lorsqu’il trouvera le temps un peu trop long, il pourra toujours prendre un verre de vin à la santé de ses clients (il a reçu plusieurs bouteilles en cadeau) tout en lisant ses cartes de remerciements remplis de mots réconfortants.