Hydro Québec et les compteurs intelligents

La Ville de L'Assomption impose un moratoire

Publié le 20 décembre 2013

Le maire de L'Assomption, Jean-Claude Gingras, impose un moratoire sur les compteurs intelligents d'Hydro Québec.

©Photo: Caroline Mireault

Par Caroline Mireault

En octobre 2012, Hydro Québec lançait la phase 1 de son programme de remplacement de ses vieux compteurs par des compteurs nouvelle génération (CNG) aussi appelés compteurs intelligents. Ces derniers permettent entre autres de détecter les pannes plus rapidement, d'enregistrer et de transmettre automatiquement les données de consommation à la société d'État. Malgré le fait qu'Hydro Québec, Santé Canada et l'Office de la protection aux consommateurs (OPC) assurent les usagers de la sécurité de ces nouveaux appareils, plusieurs se questionnent encore sur le sujet, dont l'Union des consommateurs et la Ville de L'Assomption.

La Ville de L'Assomption dit NON

Alors que plusieurs citoyens de L'Assomption et Repentigny sont à recevoir une lettre d'Hydro Québec les informant qu'un compteur intelligent sera installé d'ici quelques semaines à leur résidence, le conseil municipal de L'Assomption adoptait, le 19 novembre dernier, une demande de moratoire sur ces installations. Le lendemain, l'Union des consommateurs envoyait aussi une lettre au gouvernement demandant eux aussi un moratoire.

Pour ce qui est du maire de L'Assomption, Jean-Claude Gingras, il est impensable d'avoir ces compteurs sur son territoire. En entrevue avec TC Media Rive Nord, le maire explique : « Je viens de terminer une campagne électorale et bon nombre de citoyens m’ont interpellé sur le sujet. Ils craignaient pour leur santé, car même si des organismes gouvernementaux disent qu’il n’y a pas de danger, plusieurs experts les contredisent ».

Jean-Claude Gingras, qui se renseigne constamment sur le sujet, explique qu’un expert en électromagnétique lui a confié que « seuls les effets thermiques sur la biologie ont été évalués pour ces dispositifs. Les effets non thermiques sont simplement ignorés malgré une documentation très abondante sur le sujet ».

Il ajoute : « De plus, il ne faut pas oublier l’attitude d’Hydro Québec dans le dossier. Hydro a le monopole et offre peu d'options à ses clients en leur imposant quelque chose que plusieurs ne veulent pas ».

Les options proposées par Hydro Québec

Dans un premier temps, le consommateur qui reçoit la lettre d’Hydro Québec n'a pas la possibilité de garder son vieux compteur, car selon la société d'État, ils sont désuets. De leur côté, les opposants aux changements s'insurgent. Des propriétaires de maison neuve dotés de compteurs âgés de deux ans seulement doivent aussi procéder aux changements de leur compteur pour un CNG. Les résidants se voient imposer deux options, l'acception du CNG ou l'installation d'un compteur non communicant. Bien que le consommateur puisse se prévaloir de cette option, Hydro Québec facture des frais importants pour les installer contrairement à la gratuité d'installation pour les compteurs intelligents. À ces frais d'installation de 98 $ viendront s'ajouter des frais pour les relevés mensuels qui totaliseront 206 $ par année.

Un décret du ministère des Ressources naturelles

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, informait la population, le 18 décembre dernier, que le gouvernement venait d'adopter un décret sur le sujet : « L'adoption de ce décret s'inscrit dans une démarche gouvernementale invitant Hydro-Québec à proposer d'autres solutions technologiques ou administratives à ses clients qui ne désirent pas de compteurs de nouvelle génération. Nous souhaitons que la Régie de l'énergie soit sensible aux inquiétudes exprimées par de nombreux citoyens et municipalités ».

De plus, le gouvernement invite la Régie de l'énergie à considérer les recommandations découlant de la motion adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 29 mai dernier. Selon le gouvernement des options qui ne pénalisent pas les clients refusant les compteurs intelligents doivent être envisagées. Il est important ici de mentionner que la Régie a demandé à Hydro-Québec, lors d'un jugement rendu le 2 décembre dernier, de déposer sa demande de modification relative aux frais liés à l'option de retrait dans les meilleurs délais.

Pour ce qui est des Assomptionnistes, quand on demande à Jean-Claude Gingras où en sont rendus les pourparlers entre la Ville de L’Assomption et Hydro Québec, le maire explique : « Pour le moment, nous leur avons refusé l’accès à notre tour. Donc, c'est impossible pour eux d'installer leur serveur ou quoi que ce soit d’autre. Nous allons avoir une rencontre avec eux le 21 janvier prochain et on verra ce qui en ressortira ».

Un dossier à suivre.