José Lévesque et son combat contre les compteurs intelligents

L'électrohypersensibilité peut-elle mener à l'exil?

Publié le 24 janvier 2014

José Lévesque a expliqué à TC Media Hebdo Rive Nord les raisons de son combat contre les compteurs intelligents.

©Photo: gracieuseté

Par Caroline Mireault

José Lévesque, un résidant de Saint-Colomban, a cru bon de venir manifester son opposition à l’installation des compteurs de nouvelle génération (CNG), le mardi 21 janvier, à L’Assomption. TC Media Hebdo Rive Nord s'est donc penché sur les raisons qui ont amené ce technicien en télécommunication d'affaires et spécialiste en informatique en sol assomptionniste.

Une carrière qui allait amener des inconvénients

M. Lévesque, qui a commencé à travailler en télécommunication en 2001, est un homme dynamique et passionné de technologie. Il travaille sans compter les heures jusqu'en février 2006 où il commence à avoir des problèmes de santé. En entrevue, M. Lévesque explique : « Tout allait bien dans mon travail, jusqu'à ce que je sois sur un contrat et que je passe un appel pour activer un réseau avec mon cellulaire. J'ai eu une forte sensation de brûlure à l'oreille droite, j'ai changé le téléphone d'oreille et j'ai continué mon travail en pensant avoir une otite. Cependant, l'expérience s'est reproduite, même l'utilisation d'oreillettes n'empêchait pas la douleur que j'avais aux oreilles qui allait en s'accentuant. J'ai ensuite commencé à avoir d'autres symptômes que j'avais du mal à expliquer. »

M. Lévesque commence aussi à souffrir de violents maux de tête, de vertiges, d'insomnie, de fatigue. Aussi, il a de plus en plus de difficulté à se concentrer, et il constate qu'il a des problèmes de vision. Les vaisseaux sanguins de ses yeux se mettent à éclater sans raison et il a de nombreux saignements de nez. Il commence à s'absenter régulièrement du travail pour des raisons médicales et il consulte différents spécialistes qui ne trouvent aucune maladie connue allant avec ces symptômes.

Pas de diagnostic pour l'électrohypersensibilité

Plus tard, il se rend compte que ces symptômes apparaissent seulement lorsqu’il est à proximité d'équipement de communication sans fil émettant des ondes. Il poursuit : « À l'époque, j'ai remarqué que je n'avais aucun problème lors de l'installation de système de téléphonie, mais dès qu'il s'agissait de réseaux WI-FI, j'étais malade. J'avais des doutes et ma femme qui est infirmière et des amis ont fait des tests d'exposition à mon insu et ils ont constaté l'apparition de certains symptômes selon le type d'équipement auquel j'étais exposé. J'ai aussi eu la chance d'avoir des amis médecins qui voyaient la véracité de mes symptômes et qui savaient que je n'étais pas fou. La majorité des gens qui souffre d’électrohypersensibilité (EHS) reçoit souvent des diagnostics de surmenage ou de dépression, on tente de les médicamenter et cela ne règle rien. On peut être diagnostiqué officieusement, mais pas officiellement ».

L'EHS, aussi connu sous le nom de syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM), est une maladie où une personne souffre de symptômes qui sont causés et aggravés par des champs ou des ondes électromagnétiques. Bien que cette maladie ne soit pas reconnue comme telle au Canada, elle l'est pourtant en Grande-Bretagne. La Suède, quant à elle, considère l'EHS comme un handicap alors qu'en France, la reconnaissance tarde à venir, mais de plus en plus de médecins admettent sa réalité. La Ville de Stockholm offre même de l'aide à certains citoyens afin que ceux-ci puissent se prévaloir de matériel isolant destiné à protéger leur logement de la pollution électromagnétique.

Repartir du bon pied, mais pour combien de temps?

En septembre 2010, M. Lévesque fonde Vert-techno.com où il fait toujours ce qu'il aime, en tant que technicien et conseiller en télécommunication d'affaires et en informatique. Il gagne bien sa vie en essayant de limiter l'exposition des gens aux champs électromagnétiques ou micro-ondes et en essayant le plus possible de faire disparaître les appareils sans fil pour installer des câblages les moins visibles possible. « Les clients qui me choisissent sont désireux d’assainir leur environnement ».

Il tente de faire les choses le mieux possible dans le respect de la nature et des individus, mais cela pourrait être de courte durée puisque ses problèmes de santé sont revenus récemment. Il explique : « Depuis le 3 janvier, Hydro-Québec a procédé à l'installation de 50 nouveaux CGN et d'un router dans le domaine de Saint-Colomban où j'habite avec ma famille. Pour moi, l'exposition à ces ondes est insupportable, les saignements de nez et dans mes yeux sont revenus. J'ai constamment mal à la tête et ma qualité de vie a vraiment diminué. J'ai l'impression que si je reste au Québec, c'est presque une mort assurée, » ajoute l'homme de 43 ans.

Pour M. Lévesque, l'attitude d'Hydro-Québec et de la Régie de l'énergie laisse présager le pire pour toutes les personnes atteintes d’électrohypersensibilité/syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques puisqu'en ne respectant pas les moratoires demandés par les villes et en installant ces compteurs émetteurs dans l'ensemble de la province, il n'y a aucune possibilité de fuite possible sans devoir quitter le Québec.