Les services d'aide aux étudiants sont menacés

Direction et syndicats s'allient contre les coupures au cégep

Claude-André Mayrand claude-andre.mayrand@tc.tc
Publié le 27 novembre 2014

Julien Lapan, du syndicat des enseignants, Jocelyn Rivest, de l'association étudiante, Marcel Côté, directeur général, Sylvie Corbeil, du syndicat des employés de soutien et Julie-Hélène Roy, du syndicat des professionnels, s'allient pour faire front commun contre les compressions budgétaires annoncés par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science.

©Photo TC Media – Claude-André Mayrand

ÉDUCATION. Les services de soutien spécialisé pour les étudiants sont menacés au Cégep régional de Lanaudière à L'Assomption en raison des compressions budgétaires de 19 M$ imposées par Québec au réseau collégial.

Les services de relations d'aide et d'encadrement pédagogiques dont bénéficient environ 160 étudiants du cégep sont les plus précaires, a annoncé la direction, jeudi.

Les services d'un travailleur social, nouvellement embauché, qui apporte une aide psychosociale aux étudiants dans le besoin, de même que le recours aux services externes de psychologie, sont susceptibles de disparaître.

« Les demandes pour ces services sont à la hausse et on s'interroge si on aura toujours les moyens de les offrir », regrette Jean-Philippe Gadbois, directeur adjoint au Service des affaires étudiantes.

Par exemple, un étudiant dyslexique qui pouvait bénéficier de plus d'heures pour compléter un examen devait être supervisé par un membre du personnel. Les étudiants y auront toujours droit, mais la direction du cégep se questionne si elle aura toujours la capacité de fournir la surveillance, qui n'est pas offerte par les enseignants.

« Tous les travaux du Service d'aide à l'intégration des élèves pourraient être réduits », analyse M. Gadbois.

Front commun

La direction, les employés et les étudiants s'allient pour faire front commun afin de dénoncer cette situation qui pourrait avoir des conséquences sur la quantité et la qualité des services offerts par l'établissement d'études supérieures.

Pour le collège constituant de L'Assomption, c'est un trou de 120 000 $ dans le budget 2014-2015, et 483 000 $ pour l'ensemble du Cégep régional de Lanaudière. La compression atteindra 550 000 $ dans le budget régional  de  l'an prochain.

« Pour nous, c'est vraiment une préoccupation importante et à partir de 2015-2016, nous devrons prendre des décisions draconiennes qui vont affecter les services aux étudiants pour équilibrer le budget et pour nous, c'est inacceptable, explique le directeur général du Cégep régional de Lanaudière, Marcel Côté. Le gouvernement ne nous donne pas ce qu'il nous faut comme oxygène pour nous permettre de nous développer. »

Le campus de L'Assomption est sensé débuter des travaux d'agrandissement sous peu.

Seule source de financement

Selon une récente étude de la Fédération des cégeps, chaque dollar investi dans un cégep en rapporte quatre dans l'économie de la région.

« Nous sommes devant une situation impossible, ajoute M. Côté. Les cégeps n'ont pas recours à du financement externe comme pour les commissions scolaires [taxation] et les universités [droits de scolarité]. On ne peut pas demander de sous ailleurs et c'est préoccupant. »

La direction s'attend à ce que près de 200 élèves aient besoins de services spécialisés dans un avenir rapproché.

« Ça nous semble illusoire de penser que ces compressions se fassent sans affecter les services aux étudiants, exprime pour sa part Julien Lapan, enseignant et administrateur au sein du syndicat des enseignants du cégep. C'est un non-sens d'amputer notre capacité d'action et de maintenir de manière efficace et légitime notre mission. »