L'agrile du frêne est aux portes de Repentigny

Une campagne de sensibilisation pour prévenir le fléau

Pierre Chartier pierre.chartier.a@tc.tc
Publié le 30 mars 2015

Micheline Lévesque a présenté les enjeux quant à ce fléau.

©Photo TC Media - Pierre Chartier

INSECTE. Une trentaine de résidants ont assisté à une conférence de l'agronome et biologiste, Micheline Lévesque, à la salle du conseil de l'hôtel de ville de Repentigny. Cette conférence avait pour thème « Agir contre l'agrile du frêne », un sujet qui, au cours des prochaines années, pourrait affecter le secteur de Repentigny, comme les municipalités avoisinantes qui sont déjà aux prises avec ce problème.

Mme Lévesque est aussi formelle : « Ça ne se passe pas juste en périphérie de Repentigny, et quand ça va arriver ici, c'est 100 % des frênes qui vont être touchés. Alors, il faut sensibiliser les gens à cette problématique. »

Avant d'entrer spécifiquement dans le sujet, plusieurs questions de citoyens portaient entre autres sur la problématique comme telle. Pour résumer, l'agrile du frêne est un coléoptère envahissant qui vient de Chine et est extrêmement destructeur, car comme son nom le dit, il s'attaque aux essences de frêne. Sa présence a été détectée pour la première fois dans les régions de Détroit et de Windsor, à l'été 2002.

Le déplacement par l'homme de produits potentiellement infestés, comme le bois de chauffage, les billes, les branches, le matériel de pépinière, les copeaux et d'autres produits du frêne, constitue le mode de propagation le plus courant. L'agrile du frêne se propage aussi de façon naturelle durant sa période de vol. D'ailleurs, le coléoptère a déjà causé la mort d'un grand nombre de frênes en Amérique du Nord et il constitue une menace importante autant pour l'économie et l'environnement des régions urbaines et forestières.

L'insecte de couleur vert métallique mesure de 8,5 à 14 mm (environ 1/2 po) de longueur, et de 3,1 à 3,4 mm (1/8 po) de largeur. La larve de l'agrile du frêne est blanche et elle peut atteindre jusqu'à 30 mm (1 po) de longueur.

« Ce n'est pas parce qu'il n'y a aucun cas répertorié sur le territoire de Repentigny qu'il n'y en a pas. En 2008, l'agrile a complètement détruit les frênes dans la région de Carignan et c'est maintenant répandu sur l'ensemble du territoire autant sur la Rive-Sud que la Rive-Nord. Les spécialistes en ont détecté à Mascouche, Terrebonne et Lachenaie. Donc, c'est à vos portes, il faut donc être vigilant, car ce n'est pas parce que l'on ne voit pas la bestiole qu'elle n'est pas là », avise Micheline Lévesque.

Prévenir et guérir

Afin de voir si les arbres de notre environnement sont touchés, il existe plusieurs signes indiquant la présence de l'insecte. Dans un premier temps, Mme Lévesque a souligné, lors de la conférence, que les gens peuvent remarquer un éclaircissement de la couronne de l'arbre ou encore une nette diminution au niveau du feuillage et des traces sur les feuilles. « Le signe qui ne ment pas, c'est un petit trou en forme de D juste à la hauteur des yeux lorsque vous inspectez vos arbres et aussi des galeries en S sous les écorces. »

Pour contrer la problématique, les spécialistes recommandent l’utilisation d'un pesticide botanique qui est beaucoup moins nocif pour l'environnement. Le traitement se fait par injection qui coute en moyenne 100 $ par arbre et il est recommandé de faire ce traitement aux deux ans.

De plus, il est à noter que le prix peut varier selon la grosseur de l'arbre. Le calcul se fait par centimètre selon la formule DHP (Diamètre à la hauteur de la poitrine). On prend la circonférence de l'arbre et on multiplie par environ 5 $ pour avoir le prix du traitement. Si jamais l'arbre ne peut être traité et que l'abattage est nécessaire, Mme Lévesque signale que « selon les régions, il en coûte en moyenne 1 000 $ pour l'abattage, enlever la souche et remplacer l'arbre; c'est pour cette raison que l'on invite la population à s'informer sur le sujet et à agir de façon préventive. »

Rappelons que comme toutes les autres villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), la municipalité de Repentigny déposera lors d'une prochaine séance du conseil municipal son plan d'intervention pour contrer le fléau.

Plan d'action de la CMM

Une des principales mesures de cette stratégie est l’adoption par toutes les municipalités de la CMM d’un plan d’action local pour contrer l’agrile du frêne. Ce plan devra prévoir entre autres :

-un inventaire des frênes;

-une des méthodes de dépistage de l’insecte;

-une campagne de sensibilisation et d’information;

-une stratégie de lutte pour le traitement et l’abattage des frênes du domaine public;

-l’adoption d’un règlement pour le domaine privé;

-un cadre de gestion des résidus de frênes;

-le remplacement des arbres abattus.

La stratégie prévoit aussi diverses actions pour soutenir et accompagner les municipalités dans l’élaboration et la mise en œuvre de leur plan d’action local telles qu’un devis réglementaire pour intervenir dans le domaine privé, l’élaboration d’outils de communication communs et la réalisation de projets-pilotes pour la valorisation des résidus de frênes.

Un deuxième forum métropolitain sur l’agrile du frêne, prévu pour l’automne 2015, devrait permettre de faire un premier bilan des actions posées.