L'Épiphanie anticipe les ravages destructeurs de l'agrile du frêne

Geneviève Geoffroy genevieve.geoffroy@tc.tc
Publié le 17 avril 2015

BIODIVERSITÉ. Alors que l'agrile du frêne, un insecte ravageur, menace de mettre en péril sa végétation qui est composée en grande majorité de cette essence d'arbre, la Ville de L'Épiphanie compte remédier au saccage anticipé par le passage du coléoptère en plantant un demi-millier d'arbres et arbustes.

« La disparition de ces arbres réduira la biodiversité, nuira à la santé et aura un impact majeur sur le paysage urbain », signale le maire de la Ville, Steve Plante, par voie de communiqué.

Mortalité élevée

Alors qu'elle ne dispose pas de fonds suffisants pour traiter tous les frênes de son territoire, la municipalité compte, de manière préventive, planter 500 arbres et arbustes sur son territoire dans les espaces verts où on retrouve des frênes afin d'atténuer les conséquences de leur perte future.

Les dommages créés par l'agrile du frêne sont hautement importants, souligne le ministère des Ressources naturelles du Canada, surtout que l'insecte a peu d’ennemis naturels et que les espèces indigènes de frênes ont une résistance limitée à ses attaques.

« Les recensements ont démontré que l’agrile du frêne endommage et tue les peuplements de frênes un an ou quatre après l’infestation. Puis, en général, six ans après le début de l’infestation, 99 % des frênes d’une terre à bois ont été tués. Cette mortalité élevée augmente la probabilité d’invasion de plantes envahissantes dans les forêts, en plus de poser un important défi aux agglomérations urbaines affectées », avise le ministère.

Détérioration du paysage

La municipalité croit que la diversification des essences d'arbres, grâce aux nouvelles plantations, permettra, en plus de lutter contre l'arrivée de l'agrile du frêne, de maintenir les îlots de fraîcheur et de préserver des sources de nourriture et d'abris pour la faune. L'Épiphanie espère aussi se prémunir contre la détérioration du paysage urbain.

Suivre le pas

Cette démarche s'inscrit dans le cadre du programme « Verdir pour l'avenir » du Centre d'écologie du Grand Montréal auquel la ville a adhéré l'an dernier et dont l'objectif vise à sensibiliser les citoyens au phénomène des îlots de chaleur.

En janvier dernier, la Ville a accordé un peu plus de 19 400 $ à ce projet en plus de bénéficier d'une subvention de 15 000 $ issue du programme TD « Ma rue, mes arbres ».

Rappelons qu'au même moment où L'Épiphanie annonçait son intention de pallier la dévastation anticipée de l'agrile du frêne, la Ville de Repentigny votait, le 14 avril, l'adoption de son plan d'action pour protéger ses arbres des attaques de l'insecte.

La Ville de Charlemagne a fait de même en décembre 2014.

Qu'est-ce que l'agrile du frêne ?

L'agrile du frêne est un coléoptère hautement destructeur originaire de l’Asie. Il a été détecté pour la première fois au Canada en 2002, à Windsor, en Ontario. Depuis son arrivée, il a détruit des millions de frênes et continue de se propager dans de nouvelles régions, causant des dommages économiques et écologiques considérables.* Photo – capture d'écran

Petit historique

• L’agrile du frêne a été détecté pour la première fois au Canada en 2002, à Windsor, en Ontario.

• L’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a confirmé en 2008 la présence de l’agrile du frêne en Montérégie, au Québec.

• Une infestation de l’insecte a été détectée en 2011 à Montréal et dans la région de Gatineau, en 2012 à Longueuil, et en 2013 à Terrebonne.*

*Source: Ministère des Ressources naturelles du Canada