Au coeur du carambolage, un automobiliste raconte

Tempête de neige


Publié le 17 mars 2017

Un méga accident est survenu sur l'autoroute 40 Ouest entre L'Assomption et Lavaltrie le 14 mars 2017, alors qu'une importante tempête de neige s'abattait sur le Québec.

©Photo TC Media - Martin Lafortune

TEMPÊTE. La journée du mardi 14 mars avait commencé comme bien des autres pour Daniel Grenon, qui ne s'attendait pas à se retrouver prisonnier au beau milieu d'un carambolage sur l'autoroute 40 ouest à la hauteur de L'Assomption.

Juste avant la tempête qui a fait rage à travers la province, le Repentignois, qui occupe un poste de technicien en moteur diesel pour la compagnie Hewitt, travaillait sur des bateaux de la garde côtière à Sorel.

Daniel Grenon s'en tire finalement avec une entorse lombaire et une bonne frousse.

©gracieuseté Facebook

Sur la 40, c'était l'enfer. On ne roulait pas vite, peut-être à 60 km/h, et on se faisait dépasser continuellement. Daniel Grenon

« Nous avions eu des échos de différents médias à l'effet qu'il y aurait une tempête, alors nous avions l'intention de revenir tranquillement à la maison », relate celui qui était accompagné d'un collègue de travail.

Après avoir pris le traversier afin de rejoindre la rive de Saint-Ignace-de-Loyola après leur quart de travail, les deux hommes se suivent chacun dans leur fourgonnette Econoline en direction de l'autoroute 40. Rapidement, ils se rendent compte que l'état des routes est lamentable et la visibilité presque nulle.

« Sur la 40, c'était l'enfer. On ne roulait pas vite, peut-être à 60 km/h, et on se faisait dépasser continuellement. Je suivais mon coéquipier et je gardais une bonne distance avec son véhicule ». Sur son chemin, le technicien remarque déjà plusieurs voitures immobilisées sur l'accotement.

Un pressentiment

À la hauteur de L'Assomption, sur l'autoroute, M. Grenon s'aperçoit que des automobilistes sont carrément arrêtés: il y a un accident. Son collège de travail et lui ont le temps et la distance nécessaires pour arrêter leur camionnette sans trop d'embûches, mais ce n'est pas le cas de ceux qui les suivent, qui roulent peut-être trop rapidement, selon leurs observations.

« Je me suis mis sur les quatre ''flashers'', à droite, et j'ai eu un pressentiment que ça n'allait pas. Je voyais les voitures arriver vite derrière nous et j'ai aperçu le 53 pieds qui s'en venait. Je me suis dit que j'allais me faire ramasser », raconte-t-il.

Le conducteur du poids lourd a ensuite fait une manœuvre pour éviter de percuter les véhicules devant et a pris le chemin du fossé. Sans cette décision de la part du camionneur, Daniel ne sait pas s'il serait toujours en vie.

Aussitôt la peur estompée, les deux collègues entrent en mode action et sur le coup de l'adrénaline, ils portent secours aux personnes en détresse.

Femme enceinte

« On est allés voir si tout le monde était correct. Tous les gens s'entraidaient », continue-t-il en ajoutant qu'une femme enceinte était impliquée dans le carambolage. « On l'a mise au chaud dans notre camion qui n'était pas endommagé. »

La femme se portait bien, mais comme elle semblait perdre ses eaux, l'inquiétude était bien présente pour la santé de son enfant à naître. « J'ai appris que les deux allaient bien aujourd'hui et je suis bien content», sourit le Repentignois.

Au final, Daniel Grenon s'en tire avec une entorse lombaire. « Ça aurait pu être bien pire. J'ai eu peur, mais je me considère chanceux et si je pouvais parler au camionneur qui a pris le champ pour nous éviter, je lui dirais ''merci!''.»

Aujourd'hui, de toute cette aventure, l'homme retient que si sa propre conduite était sécuritaire, ce n'était pas le cas de plusieurs automobilistes en cette journée de tempête hivernale.

Même le lendemain, alors que les routes étaient glacées et que plusieurs accidents s'étaient succédé à travers la province, M. Grenon était stupéfait de constater que les conducteurs n'avaient toujours pas adapté leur conduite. « Les gens roulent trop vite et se suivent de trop près», lance-t-il en guise d'appel à la prudence.