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Une école fière de la différence

Incursion dans les classes TSA à De la Paix


Publié le 16 avril 2017

Chaque enfant trace son chemin un échelon à la fois.

©Photo TC Media - Stephane Gregoire

SCOLAIRE. Depuis le mois de septembre, l’école primaire De La Paix, à Repentigny, poursuit une vocation particulière. En plus de ses groupes du régulier, elle accueille huit classes TSA, soit 37 élèves présentant un trouble du spectre de l’autisme.

Dans la nouvelle section de l’école De La Paix, les murs peints d’un vert pomme attire le regard. L’aménagement des locaux a été soigneusement pensé afin d’éveiller les sens de ces enfants qui ont leur façon bien personnelle de voir la vie. «L’enfant autiste ne traite pas l’information comme nous, explique Dominique Léveillé, enseignante. Nous, lorsque l’on reçoit l’information, on est capable de la généraliser et de la placer. Chez eux, l’information entre puis ressort éventuellement, mais elle risque d’être dans le désordre. Il faut leur enseigner à la gérer, à la placer et à la traiter.»

Les élèves qui se retrouvent dans les classes TSA à De la Paix sont âgés entre 5 et 10 ans. Ils présentent tous différents besoins particuliers. «Certain ressentent une sensibilité aux bruits, d’autres à la lumière, souligne la directrice de l’école Chantal Drapeau. Des enfants sont non-verbaux tandis que d’autres travaillent sur la propreté. On mise sur l’acquisition de l’autonomie fonctionnelle».

Professionnels dévoués

Le programme d’enseignement offert aux classes TSA est celui du Ministère de l’Éducation, soit le même que reçoivent les jeunes du régulier. Il s’agit cependant de classes d’adaptation scolaire, donc l’enseignement est personnalisé à chaque enfant. Les groupes comptent en moyenne cinq élèves par classe. Chaque enseignante est accompagnée d’une éducatrice spécialisée, dont le rôle consiste à maximiser la disponibilité de l’enfant et ainsi faciliter les apprentissages.

«Au préscolaire, on développe le langage, l’habileté sociale, la communication, la motricité fine et la motricité globale, pour laquelle les enfants vivant avec un TSA ont souvent des retards», précise Mme Léveillé. Après la maternelle, ils poursuivent leurs apprentissages ou on cible un objectif d’après leurs besoins, en français, par exemple.»

L’enseignante Dominique Léveillée est fière de la réussite de ses cocos. Le petit Olivier Dulac compte parmi eux.

©Photo TC Media - Stephane Gregoire

Au niveau primaire, chacun des élèves dispose de son propre espace en classe, où se retrouvent un bureau ainsi qu’une étagère accueillant des paniers dans lesquels les enseignantes peuvent y déposer des tableaux d’exercices, par exemple. La majorité des enfants travaillent également avec des pictogrammes. Des images de leurs tâches quotidiennes sont donc enlignées tout près d’eux, à titre de point de repères.

L’école De La Paix compte sur une équipe de professionnels dévoués, contribuant au développement des enfants autistes; psychologues, psychoéducatrices, techniciennes en langage, orthophoniste et ergothérapeute. «Ce sont des services très bénéfiques», appuie Mme Léveillé.

Le souhait le plus cher que les intervenants de l’école chérissent est que leurs élèves soient aptes à vivre en société. Ils travaillent donc en collaboration avec le Centre de réadaptation La Myriade, qui offre des services spécialisés d’adaptation dans une perspective de participation sociale à des personnes vivant avec un TSA.

Après le préscolaire, les enfants considérés de niveau «académique» sont transférés à l’école primaire Henri-Bourassa, à Repentigny. Cette école accueille des classes TSA, composées d’élèves capables de bien fonctionner dans un contexte de classe semblable au régulier. Puis, au niveau secondaire, les jeunes aux besoins particuliers sont dirigés vers l’école Jean-Claude-Crevier. D’autres sont appelés à aller à Jean-Baptiste-Meilleur, dans les groupes de soutien émotif ou encore à Paul-Arseneau, dans les classes DIM (déficience intellectuelle modérée).

 

AVRIL - MOIS DE L'AUTISME

L’école De la Paix veille à sensibiliser l’ensemble de ses élèves à la différence. En ce mois de l’autisme, elle organisait une journée spéciale où le personnel et les élèves étaient appelés à porter des vêtements bleus, la couleur officielle de l’autisme. Puis, en mai, l’école a convié la Société de l’autisme région de Lanaudière afin de sensibiliser les jeunes à la réalité que vivent leurs voisins de classe.

Chaque jour, Wendy Jean, Aksil Yacine et Élyane Asselin peuvent compter sur Vanessa Rouillard-Philippe, enseignante, et Mélanie Lacourse, éducatrice spécialisée.

©Photo TC Media - Stephane Gregoire