L'eau potable la plus limpide se trouve à quelques verres de chez vous…

Programme d'excellence en eau potable


Publié le 18 mai 2017

C'est au centre de traitement d'eau Jean-Perreault, situé sur le boulevard L'Ange-Gardien, à L'Assomption, que Christian Sauvageau et son équipe s'affairent à rendre l'eau potable la plus limpide possible.

©TC Media - Olivia Nguonly

ENVIRONNEMENT. Avant d'atterrir toute limpide dans votre verre, l'eau s'est frayée un chemin périlleux à travers les systèmes de filtration de la ville et a peut-être aussi parcouru des dizaines de kilomètres. À L'Assomption, depuis les 11 dernières années, on met le paquet pour respecter les standards élevés d'un programme d'excellence et ainsi, la Ville peut se targuer d'avoir officiellement l'eau la « mieux filtrée » du sud de Lanaudière.

Le directeur du Service de l'hygiène du milieu, Christian Sauvageau, ne le dira pas ainsi, car il louange aussi le travail soutenu de ses collègues des villes avoisinantes. N'empêche que la Ville de L'Assomption est la seule dans le sud de Lanaudière à être membre, depuis 2001, du Programme d'excellence en eau potable instauré par Réseau Environnement.

 Si le seul irritant est le petit goût de chlore, il suffit de la mettre au frigidaire 24 à 48 heures pour l'éliminer

Christian Sauvageau, directeur du Service de l'hygiène du milieu à L'Assomption

Le programme auquel il n'est pas obligatoire d'adhérer existait déjà aux États-Unis avant de faire son apparition au Québec en 1999. Si toutes les villes doivent répondre à des normes provinciales, L'Assomption a voulu « pousser la machine au maximum pour avoir de meilleurs résultats, puisque les standards sont plus sévères », précise M. Sauvageau.

Pour l'expliquer simplement, il détaille que toutes les villes doivent se soumettre au règlement provincial sur l'eau potable qui requiert une turbidité à l'eau filtrée inférieure à 0,50 unité 95% du temps, alors qu'avec le programme d'excellence, les villes qui y adhèrent doivent se positionner sous la barre des 0,10 unité 100% du temps.

« La turbidité est le paramètre qui mesure le degré de limpidité de l'eau, explique le directeur, qui a travaillé à la refonte du règlement québécois sur l'eau potable à la suite de la tragédie de Walkerton, en Ontario, où l'eau avait été contaminée. Les normes ont été resserrées et les compétences des employés des usines de traitement aussi », se souvient-il.

Au centre de traitement d'eau Jean-Perreault de L'Assomption, dès que la turbidité s'approche du 0,10, c'est la panique dans l'usine, image-t-il, en précisant que de manière générale, elle tourne autour des 0,03/0,04.

Pourquoi la qualité varie-t-elle?

Plusieurs facteurs peuvent altérer la qualité de l'eau, autant à L'Assomption que dans d'autres villes de la province. « Une dégradation à cause de la crue des eaux peut changer la qualité de l'eau d'heure en heure. Donc, nous sommes dépendants des intempéries. Il y a aussi un bris mécanique qui pourrait être en cause », entrevoit Christian Sauvageau.

Même si Dame Nature a fait des siennes depuis les dernières semaines, la qualité de l'eau ne s'en est pas fait ressentir dans la ville de plus de 20 000 habitants, se réjouit le directeur.

« Les prises d'eau peuvent ainsi se bloquer ou s'enliser, mais ça s'est super bien passé et ça ne s'est pas produit, même si ça été des conditions exceptionnelles depuis les 30 dernières années. »

Seulement un avis d'ébullition sectoriel

Pour s'assurer de la qualité de l'eau potable, des prélèvements sont effectués trois fois par semaine aux extrémités du réseau, soit de la rivière L'Assomption, et jamais aux mêmes endroits.

Depuis qu'il est en poste à L'Assomption, l'homme se souvient seulement d'un événement qui a mené à un avis d'ébullition de type sectoriel. « C'est arrivé il y a deux ans, dans le secteur de Saint-Gérard. On pense que c'est une erreur de prélèvement ou de laboratoire », affirme-t-il en relatant le fil des événements.

Après avoir atteint un niveau d'excellence notable dans l'accomplissement de son travail, celui qui œuvre dans le traitement des eaux depuis près de 30 ans a un nouvel objectif en tête.

« Nous avons atteint la phase 3 du programme depuis cinq ans et je rêve d'atteindre la phase 4, qui est comme la Coupe Stanley du programme », sourit M. Sauvageau, qui souligne que les effets ne se verront pas au niveau de la qualité de l'eau, mais bien au niveau des infrastructures et de l'ajout de matériel de travail.

D'ici là, il incite les résidents à s'abreuver de l'eau qui est filtrée chaque jour à l'usine située sur le boulevard L'Ange-Gardien et rappelle que lors de tests à l'aveugle, 80% des cobayes avaient préféré l'eau du robinet de L'Assomption à celle embouteillée.

« Si le seul irritant est le petit goût de chlore, il suffit de la mettre au frigidaire 24 à 48 heures pour l'éliminer », conclut-il en ajoutant que son coût est aussi beaucoup plus abordable.