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Un métier pas de tout repos

Travailler comme sauveteur dans une piscine


Publié le 13 juillet 2017

L'équipe de sauveteurs à la piscine municipale Desjardins de Charlemagne.

©(Photo TC Media – Pierre Chartier)

SAUVETAGE. Parmi les emplois les plus difficiles à occuper au cours de la saison estivale est sans contredit celui de sauveteur de piscine, car en l'espace d'un moment, ces jeunes peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Comment se prépare-t-on à faire face à ces situations et quels sont les défis auxquels ils sont confrontés? Trois jeunes sauveteurs de la piscine municipale Desjardins de Charlemagne racontent leur expérience.

Bien attablées dans le petit bureau, Sara Haccoun-Desgagné, Tamylie Lussier et Maude Morissette possèdent à leur trois 13 ans de métier de sauveteur, toujours à la même piscine. Les trois jeunes filles connaissent les rouages et les habitudes des baigneurs de cette municipalité. Elles sont conscientes du travail qu'elles ont à accomplir au quotidien pour assurer la sécurité de la population.

Les équipes de sauveteur travaillent par groupe de quatre personnes et chacun a des tâches bien précises à exécuter dans le cadre de son travail. Deux sauveteurs sont assignés aux chaises de surveillance, un autre à la pataugeoire et un quatrième est en pause active. Les tâches sont multiples et demandent une grande rigueur.

À cet endroit, il existe une vingtaine de règles de sécurité à suivre et chaque sauveteur doit en connaitre les tenants et aboutissants. Il est aussi permis d'accueillir jusqu’à 325 baigneurs à la fois, un nombre assez élevé compte tenu de la grandeur de la piscine. Mais malgré tout, l’équipe rencontrée n'était pas en fonction au moment de l'entrevue et affirme qu'il est possible de garder un taux sécuritaire intéressant, et c'est ça leur travail.

« C'est certain qu'un après-midi de belle température, il y a du monde ici. Il faut être sur nos gardes et conscientes que le danger est partout. Il faut toujours être alertes à nos positions. Nous, on a été formées à ça et, par contre, on doit constamment répéter les consignes de prudence aux jeunes et, souvent, aux moins jeunes. »  

Des relations publiques

Pour Tamylie Lussier, il faut beaucoup de patience pour exercer ce travail, mais aussi de la fermeté dans l'exécution des consignes données aux visiteurs de la piscine.

« On connait bien notre clientèle, car ce sont souvent les mêmes individus qui fréquentent la piscine. On doit être strictes dans l'application des règles de base comme ne pas courir sur les abords de la piscine et sur l'habillement pour aller dans l'eau. C'est la base du travail. Il faut aussi une bonne coordination entre les équipes, car si jamais je bannis une personne pour deux ou trois jours, il faut que les consignes soient suivies par l'autre équipe, c'est comme ça que l'on établit un bon fonctionnement. Je crois que 60 % de notre travail, c'est d’être bons en relations publiques, ça aide beaucoup. »

Il survient parfois des épisodes de sauvetage dans toutes les piscines publiques. D'ailleurs, à Charlemagne, il y a eu un sauvetage il y a deux semaines. Maude Morissette a réussi à sauver un jeune qui avait mal calculé son plongeon et n’était pas capable de se rendre sur les bords de la piscine.

« Il ne faut pas imaginer que nous sommes toujours en train de plonger. Il existe plusieurs façons de faire du sauvetage et ça fait partie des nombreux cours que l'on suit pour occuper ce travail. Il ne faut pas penser que nous sommes des héros, nous ne faisons que notre travail et c'est tant mieux s’il n’y a pas plus de sauvetage à faire, ça veut peut-être dire que nous faisons un bon travail de prévention », explique Maude.

Les trois comparses adorent leur métier et elles vont continuer, bon an mal an, à assurer la vigilance  pendant toute la période estivale. Et si parfois leur discipline vous déçoit, dites-vous bien qu'elles agissent ainsi pour votre sécurité.