Le Centre de prévention du suicide de Lanaudière est inquiet

Transfert des appels de nuit vers l'Estrie


Publié le 16 mars 2017

Joyce Lawless, directrice du Centre de prévention du suicide de Lanaudière (CPSL), et Michel Pilon, président, sont inquiets pour la population de Lanaudière.

©(PHoto TC Media-Pierre Chartier)

TRANSFERT. Plus d'une vingtaine d'organismes communautaires se sont réunis au Centre à Nous de Repentigny, le jeudi 16 mars, pour venir appuyer le Centre de prévention du suicide de Lanaudière (CPSL) qui, verra le 1er avril prochain, si tout se concrétise, passer son centre d'appels de nuit à la ligne Info-Social de l'Estrie.

Au début de son existence, en 2000, le CPSL recevait les appels à sa ligne locale, mais en novembre 2001, le ministère de la Santé et des Services sociaux lançait la ligne provinciale 1 866 APPELLE.

Pour l'année financière courante, près de 3 500 appels en provenance de la grande région de Lanaudière ont été traités de jour, de soir ou de nuit. Le volume d'appels entrant durant la nuit ne justifiant pas le maintien d'un quart de travail nocturne, le CPSL a conclu, en 2008, une entente approuvée par l'Agence de la santé et des services sociaux avec la ressource semblable de la région voisine pour que les appels de Lanaudière soient transférés au Centre de prévention du suicide (CPS) de Trois-Rivières.

 «Le choix de s'adresser à un autre CPS reposait sur le fait que les deux organismes évoluent dans des contextes similaires et privilégient la même approche », explique la directrice du CPSL Joyce Lawless.  

Le transfert a aussi permis au CPSL de récupérer 56 heures de travail afin de déployer de nouveaux services, comme le groupe de soutien destiné aux enfants endeuillés par le suicide et à leurs parents, et les services à l'entourage des personnes suicidaires.

Tout se déroulait à merveille, mais il y a quelques mois, une rumeur provient des CPS d'autres régions à l'effet que les appels de nuit dans Lanaudière seraient transférés à la ligne Info-social de L'Estrie a affirmé la directrice.

Le 8 mars dernier, la Direction de santé publique a confirmé à l'organisme que le transfert vers l'Estrie aura bien lieu.

Pas d'expertise

Pour le président du CPSL, Michel Pilon, le fait de transférer les appels en Estrie n'a pas de sens. «Nous avons des raisons de penser que la bascule des appels de Lanaudière vers un CPS d'une autre région est la solution la plus efficace et la plus sécuritaire pour la population. La communication constante entre les deux CPS facilite la continuité de l'intervention auprès des appelants. Cela permet entre autres de réduire le recours aux mesures d'urgence. Précisons que même si le ministère accordait un plus long délai pour permettre une transition mieux préparée, il nous apparait tout de même plus pertinent de maintenir le statu quo.»

Avec moins de deux semaines avant la date d'échéance qui pointe au bout du nez du CPSL, la direction entend lancer dans la prochaine semaine une grande campagne de lettres d'appuis par laquelle elle espère faire entendre le message à la ministre Lucie Charlebois. De plus, dans les prochains jours, Mme Lawless souhaite lui écrire afin de dénouer l’impasse pour les résidents de Lanaudière.

Appui de la CAQ

Le député de L’Assomption et chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, de même que la députée de Repentigny et porte-parole de la CAQ en matière de santé publique, Lise Lavallée, s’expliquent mal la décision de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, de transférer les appels nocturnes lanaudois à la ligne Info-Social, dont le centre d’appel est situé en Estrie.

« C’est totalement absurde de mettre en péril un service qui, pourtant, fonctionne depuis des années et est reconnu par le milieu. Pire encore, il n’y a aucune économie d’argent qui pourrait justifier la décision Tout ce que nous demandons, c’est une réponse claire de la ministre », ont mentionné François Legault et Lise Lavallée par voie de communiqué.