«Il faudrait davantage valoriser notre système d'éducation »

Consultations publiques sur la réussite éducative

Olivia Nguonly olivia.nguonly@tc.tc
Publié le 21 décembre 2016

Isabelle Gauthier et Luc Lalonde, présidente et vice-président de l'Association des cadres d'établissements des Affluents, ont rédigé et présenté un mémoire à l'occasion des Consultations publiques sur la réussite éducative.

©TC Media - Olivia Nguonly

ÉDUCATION. Parce qu'ils sont témoins de succès au quotidien et qu'ils œuvrent au sein d'équipes qui ne ménagent pas leurs énergies, Isabelle Gauthier et Luc Lalonde, respectivement présidente et vice-président de l'Association des cadres d'établissements des Affluents, ont rédigé et présenté un mémoire à l'occasion des Consultations publiques sur la réussite éducative.

« En tant que directeur, on voit ce qui est fait à l'ensemble de la commission scolaire. On a des pratiques gagnantes, notamment en ce qui concerne l'éducation des élèves en difficulté, et nous voulions les partager », explique d'emblée M. Lalonde, directeur à l'école L'Envolée, qui accueille des jeunes présentant de graves troubles de comportement.

Nous y avons vu une occasion de communiquer nos attentes, plutôt que de rester sur les lignes de côtés Luc Lalonde, vice-président de l'Association des cadres d'établissements des Affluents, à propos de la rédaction du mémoire

Au Québec, seulement deux associations de cadres scolaires, dont celle des Affluents, ont présenté un mémoire à l'occasion des Consultations qui s'arrêtaient à Mascouche en novembre dernier.

«Nous y avons vu une occasion de communiquer nos attentes, plutôt que de rester sur les lignes de côtés», ajoute celui qui cumule 20 ans d'expérience à la direction d'établissements d'enseignement.

Le mémoire présenté par la présidente et le vice-président de l'Association des cadres d'établissements des Affluents s'organisait autour de trois grands axes proposés par le ministère: l'atteinte du plein potentiel de tous les élèves, un contexte propice au développement, à l'apprentissage et à la réussite et des acteurs et des partenaires mobilisés autour de la réussite.

Outiller adéquatement les jeunes

De ces axes sont ressortis des recommandations, dont celle «d'investir dans le dépistage précoce en orthophonie, en psychologie et en ergothérapie pour permettre d’outiller adéquatement les élèves ayant des difficultés d’adaptation et d’apprentissage et ainsi favoriser leur réussite éducative.»

Aussi, les deux directeurs souhaitent que l'accent soit mis sur les pratiques probantes de la recherche, sur ce qui a déjà fait ses preuves. « On évite ainsi les effets de mode. Par exemple, on s'attarde beaucoup actuellement sur l'architecture des écoles, sur la façon dont elles sont construites alors que c'est ce qui se passe en classe qui est garant de la réussite des enfants», croit M. Lalonde.

Des réalités différentes

Mme Gauthier estime quant à elle qu'il faut revoir le concept de tâche des enseignants qui est «très bureaucratique». «Il ne faut pas faire en sorte qu'ils travaillent plus, mais plus penser à la réalité de leur école et revoir le mécanisme en place.»

La singularité des divers milieux d'enseignement serait à prendre en considération dans plusieurs domaines. «Il y a quelques années, nous ciblions collectivement une réalité, sans qu'elle soit nécessairement représentative des besoins», relate la directrice.

Luc Lalonde y va d'un exemple: «au sein de notre équipe-école, nous avions remarqué que nos élèves étaient plus faibles en écriture, nous avons alors regardé ce que nous pouvions faire et qui avait réussi selon des études», se souvient-il, mentionnant que les plans mis en place à la suite d'une lecture propre à leur école avaient ultimement apporté des améliorations concrètes.

Au final, les deux directeurs croient que le système d'éducation québécois n'a rien à envier aux systèmes des autres pays et que l'on devrait le valoriser et en être fier.

« Nos acteurs principaux sont des enseignants qui font un travail remarquable qui donne de bons résultats. La force que l'on a au Québec, c'est justement que l'on se questionne constamment pour améliorer notre système d'éducation et ça, c'est gagnant», s'entendent-ils.