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L'eau de la rivière L'Assomption reprend du poil de la bête

De récentes analyses effectuées


Publié le 4 août 2017

Une récente analyse bactériologique effectuée sur un échantillon d'eau prélevé à même la rivière donne espoir de peut-être revivre cette époque où les Assomptionnistes se baignaient dans les eaux de la rivière L'Assomption.

©TC Media - Olivia Nguonly

ENVIRONNEMENT. Avant de connaître des années peu glorieuses, la rivière L'Assomption était prisée par les baigneurs, se souvient Gibert Gagnon, président du Comité de valorisation de la rivière L'Assomption (CVRA). Une récente analyse bactériologique effectuée sur un échantillon d'eau prélevé à même la rivière donne espoir de peut-être revivre cette époque où les Assomptionnistes se donnaient rendez-vous à la «batture d'en haut» ou d'«en bas».

« Dans les années 50, on se baignait à la batture d'en haut, où se trouve la plage du parc Léo-Jacques, ou à la descente de la rue St-Étienne, face au parc Laurier, à la batture d'en bas », raconte le président du CVRA.

L'Assomption et Repentigny ont été proactives dans ce chapitre alors que Joliette a un peu traîné de la patte

Gilbert Gagnon, président du Comité pour la valorisation de la rivière L'Assomption (CVRA)

Mais avec l'expansion de la ville et des municipalités avoisinantes, à partir des années 60, le niveau de pollution a grimpé dans le plus important cours d'eau de la région de Lanaudière.

« C'était repoussant de s'approcher du bord de l'eau, avec ses odeurs et ses épaves. Avant, il n'y avait pas de soirées au bord de l'eau à cause de cela », se rappelle-t-il.

M. Gagnon évoque que ce sont les prêts gouvernementaux accordés aux municipalités qui les ont incitées à améliorer leur traitement des eaux usées par la suite. « L'Assomption et Repentigny ont été proactives dans ce chapitre alors que Joliette a un peu traîné de la patte », ce qui expliquerait le long processus de décontamination.

Une eau cotée «A»

L'analyse de l'eau de la rivière, commandée par Marie-Claude April, biochimiste et propriétaire de la franchise Waves Sup, révèle un résultat de la qualité de l'eau de «A», avec moins de 2 UFC/100 ml. À la lumière de ce résultat, la biochimiste était enthousiaste, tout en étant consciente que plusieurs facteurs peuvent altérer la qualité de l'eau.

« J'ai fait deux autres analyses au printemps, et l'eau n'était pas belle. Il y a eu une amélioration significative au cours de l'été », précise celle qui se doutait que cette fois, les résultats seraient positifs.

Christian Sauvageau, directeur du Service de l'hygiène du milieu à L'Assomption, confirme que la qualité de l'eau de la rivière s'est grandement améliorée au fil des années.

« Nous mesurons au quotidien le E. Coli à notre centre de traitement d’eau potable et nous avons observé un changement important lorsqu’au début des années 2000, la Ville de Joliette a finalement débuté par traiter ses eaux usées en mettant en route leur nouvelle station d’épuration », commente-t-il, en ajoutant qu'avant 2000, la Ville de Joliette rejetait directement ses eaux usées dans un cours d'eau.

Quant aux plus récentes analyses bactériologiques en question, le directeur spécifie qu'il faut être prudent avec des résultats semblables, puisque le lieu où a été effectué le prélèvement peut occasionner des variantes. « La teneur en E. Coli change aussi beaucoup d'une journée à l'autre. »

Une récente analyse bactériologique effectuée sur un échantillon d'eau prélevé à même la rivière donne espoir de peut-être revivre cette époque où les Assomptionnistes se baignaient dans les eaux de la rivière L'Assomption.

©TC Media - Olivia Nguonly

La météo et l'agriculture

La météorologie est un facteur à considérer alors que les temps secs et les journées ensoleillées favorisent des résultats encourageants, contrairement aux journées de fortes pluies, où les vieux réseaux d’égouts municipaux ne répondent pas à la demande.

« Il y a donc, à ce moment, débordement d’eaux usées dans un cours d’eau et la teneur en E. Coli augmente pour ensuite diminuer au retour de deux ou trois jours de temps sec », illustre M. Sauvageau.

La proximité avec le milieu agricole est un autre facteur à prendre en compte lorsque vient le temps d'évaluer le niveau de pollution d'un cours d'eau. Pour le président du CVRA, les problèmes seraient limités du côté des déversements de matières fécales, puisque les agriculteurs doivent répondre à des normes.

Il s'inquiète toutefois des pesticides utilisés sur les terres. « Ça existe, mais c'est une problématique moins aigue qu'auparavant. Je pense que les agriculteurs sont sensibilisés à l'environnement et que le domaine a beaucoup progressé. »

La pollution agricole demeure aussi une préoccupation pour Christian Sauvageau en raison des bassins versants provenant de la rivière Ouareau et Achigan.

Aujourd'hui, lorsqu'il se promène aux abords du cours d'eau qui forme le méandre de L'Assomption, Gilbert Gagnon se réjouit de la quantité considérable de poissons qu'il est possible d'y pêcher et de constater que les citoyens se rapproprient petit à petit cette ressource inestimable à ses yeux.

« Reste que les candidats aux élections municipales se prononcent sur le destin de la rivière et quelques améliorations à apporter, mais 90% du travail est fait », estime celui qui rêve de voir la rivière rayonner au maximum à L'Assomption.

Le Comité de valorisation de la rivière L'Assomption invite la population à la Fête de la Rivière du 4 au 6 août au parc Léo-Jacques de L'Assomption. Plusieurs activités familiales sont prévues, autant sur l'eau qu'aux abords de la rivière. Pour infos: cvra.ca/evenements