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« Wow! Quelle expérience! » - Le pompier charlemagnois en République dominicaine


Publié le 8 septembre 2017

Les citoyens de la région de Punta Cana-Veron-Bavaro accueillaient avec le sourire l’aide apporté par le pompier charlemagnois Sylvain Durocher.

©Photo gracieuseté

OURAGAN. « Je suis tellement content, s'exclame Sylvain Durocher, le pompier charlemagnois en République dominicaine. Content du résultat, mais doublement de l'expérience. Je sais maintenant comment ça se passe quand il y a un ouragan. On a beaucoup à apprendre du fonctionnement d'ici. »

Mercredi soir, l'ouragan Irma touchait les côtes nord et est de la République dominicaine. Vers 21h, les vents forts se sont levés entraînant des pluies torrentielles. Grâce au couvre-feu imposé quelques heures plus tôt dans la journée, les rues et les commerces étaient déserts.

« Les autorités étaient vraiment bien préparées, explique le capitaine du Service incendie de Repentigny. Tout était bien organisé. Les conditions étaient optimales pour nous [les intervenants d'urgence]. »

Au moment de l'entrevue téléphonique avec M. Durocher, jeudi soir, aucun décès n'avait été rapporté.

Irma a laissé derrière elle des arbres déracinés, des bâtisses endommagées et des accumulations d’eau impressionnante.
Photo gracieuseté

« Si on n'a pas de mort, c'est grâce à cette organisation, assure celui qui est aussi capitaine instructeur du Corps des pompiers de Punta Cana-Veron depuis 2012. Il y a des fractures et des coupures, mais rien de majeur pour le moment. On n'a même pas eu un accident d'auto. On n'a même pas de succès comme cela lors de nos tempêtes de neige. »

Malgré tout, Irma a semé un paysage de dévastation derrière elle. Impressionnante accumulation d'eau, arbres déracinés et bâtisses endommagées représentaient le portrait.

« Depuis ce matin, on travaille comme des fous, affirme Sylvain Durocher. On s'occupe surtout des du ramassage et des arbres qui sont tombés sur les toits. Jusqu'à présent, lors de nos interventions, on a réussi à limiter les dégâts. »

Par contre, il remarque encore plus le manque d'outils que vivent les pompiers de son équipe.

« On n'a seulement une scie à chaîne, des machettes et une hache pour venir à bout des arbres, précise-t-il. On les tire avec le camion. Ils sont tellement débrouillards : ils font avec ce qu'ils ont. Par exemple, ils affilent la machette et la hache avec une sableuse électrique. »

C'est avec admiration qu'ils parlent de ses jeunes intervenants âgés d'une vingtaine d'années.

Une culture différente

Alors qu'ils attendaient ensemble, en caserne, les premiers appels, M. Durocher a remarqué les différences culturelles.

Irma a laissé derrière elle des arbres déracinés, des bâtisses endommagées et des accumulations d’eau impressionnante.
Photo gracieuseté

« Au Québec, j'aurais dit aux gars d'aller se coucher pour être en forme, mentionne le pompier de 21 ans d'expérience. Ici, j'ai vécu une nuit sans dormir. Mes collègues chantaient et dansaient. Ils ont fait jouer du reggaeton jusqu'à tard dans la nuit. Puis, vers 6h, ils ont commencé à prier. C'est ainsi qu'ils ont passé leur stress et trouvé le courage d'intervenir. »

En plus de la police nationale, ces jeunes pompiers ont pu compter sur l'aide de l'armée pour rétablir la situation.

Ainsi, depuis jeudi midi, malgré le ciel encore chargé, la République dominicaine revit tranquillement. 

« Je n'ai jamais été aussi heureux de voir des orages normaux, dit d'un filet de voix le pompier de 52 ans. Je n'ai plus de voix. J'ai l'air d'avoir 90 ans. Je suis brûlé. »

Ses plans pour jeudi soir et vendredi étaient de se reposer.

« Je suis tellement fatigué que j'en serais dangereux, conclut celui dont le retour est prévu le 14 septembre. Je retournerai les aider samedi. Après, on verra. »