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Révoltée

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 25 mai 2007 à 9:17
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Révoltée
Je suis vraiment enragée contre notre société aux valeurs déphasées. Nous sommes une gang de mous, une meute d'aveugles, une bande d'idiots.

Voilà.

Lundi dernier, j'ai fait la rencontre d'un jeune homme très spécial. Atteint d'une maladie extrêmement rare - ils sont tout juste une douzaine au Québec -, Jean-François ne peut marcher ni respirer de manière autonome. Affalé dans son fauteuil roulant, il tente de vivre comme tout le monde, bref sortir, s'amuser, et même de compléter un baccalauréat en informatique. Toutefois, il sait pertinemment que son médecin ne lui donne que quelques années tout au plus, et il ne peut plus supporter d'être un fardeau pour son père, qui doit se lever à toute les heures de la nuit pour vérifier s'il respire bien et le changer de position. Au fil de notre conversation, qui a semblé exiger un grand effort de sa part, Jean-François a abordé l'euthanasie. Il en a marre de souffrir, assez de dépendre des autres…Et le gouvernement n'accorde pas le soutien financier nécessaire à sa famille, étant donné la rareté de la maladie qui l'a frappé à quatre mois. Dans les minutes suivant notre discussion, un entrepreneur qui a travaillé sur un chantier dans un pénitencier m'a confié à quel point nos criminels sont gâtés par le système, combien ils dilapident les fonds publics, comment ils abusent des gardiens de prison. En fait, c'est de notre faute, tout ça. En tant que peuple de mous, nous nous laissons marcher sur les pieds, nous payons des fortunes pour faire vivre des tueurs, violeurs et pédophiles, tandis que des handicapés et autres individus aux prises avec des besoins criants sont laissés pour compte. C'est ridicule, c'est pathétique, c'est révoltant. Quel peuple d'abrutis sommes-nous ?

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