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Ceux qui restent

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 31 mai 2007 à 10:57
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Ceux qui restent
Je n'ai pas peur de crever. Je n'ai pas peur de souffrir physiquement. À preuve, à chaque rendez-vous manqué de justesse avec la Faucheuse (il y en a eu plusieurs), j'en ai ri de bon cœur et célébré cette victoire avec la pétulance que mes proches me connaissent.

Néanmoins, la Mort me remplit d'effroi. Je crève de peur à l'idée de perdre un être cher. C'est la pire épreuve que je puisse imaginer. Non seulement c'est terrible, cruel, douloureux, mais encore c'est totalement inutile. On me dira que c'est la loi de la Nature, mais j'ai toujours été convaincue que certaines lois ont été faites pour être violées…

Une seule manière de naître.

Des milliers de façons de mourir.

Une certitude.

C'est dans des moments comme ça que j'aurais envie d'avoir la Foi. Sans la croyance d'une survie de l'âme, la mort est vraiment terrifiante. Qu'arrive-t-il à ceux que nous avons chéris lorsqu'ils nous quittent ? Veillent-ils sur nous, ou bien c'est le vide total ? Tant de questions sans réponse. Une chose est certaine, peu importe ce qu'il y a après la Vie, ce n'est pas la personne qui est partie qui souffre le plus…

Comment réconforter quelqu'un quand on n'a pas la Foi ?

Quoi dire ?

À bien y penser, je préfère ne pas être de ceux qui restent.

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