Les six comédiens s’amusent de pied ferme sur la scène et leur bonne humeur est contagieuse.
(Photo:André Sirois)
Le THC promet un été hilarant
La saison estivale paraît bien amorcée pour Stéphane Sylvain et ses cinq recrues inscrits à ses cours de théâtre. Le rire était au rendez-vous pour accueillir la troupe de six comédiens dans la salle du Théâtre Hector-Charland lors des deux premières représentations de leur pièce «Appelez-moi Stéphane», jeudi et vendredi.
Pendant les neuf prochaines semaines, Antoine Bertrand, qui détient le rôle titre et ses cinq compagnons de jeu, Martin Drainville, Isabelle Drainville, Josée Deschênes, Luc Guérin et Catherine-Anne Toupin tiendront l’affiche de la scène du théâtre de L’Assomption avec l’œuvre de Louis Saïa et de Claude Meunier.
Appelez-moi Stéphane raconte l’histoire d’un comédien raté en mal de notoriété qui offre des cours de théâtre.
Antoine Bertand livre une prestation surprenante dans ce rôle autrefois interprété par Gilles Renaud. Un excellent meneur de troupe qui démontre une agilité acrobatique inattendue.
Luc Guérin incarne Réjean, un type maladivement timide même qui hésite à prendre sa place. La plus grosse surprise vient certainement de Martin Drainville avec son extraverti Jean-Guy comique à souhait, un rôle aux antipodes de ceux auxquels il nous a habitués.
Les trois filles jouent des femmes pas tout à fait libérées, à l’image de celles du début des années ’80. Josée Deschênes, excellente en une Jacqueline naïve, prête à laisser son mari pour l’amour « calculé » de son coach. Le jeu de Catherine-Anne Toupin donne crédibilité à une Louison un peu nunuche. Quant à Isabelle Drainville, elle nous présente une femme typique de son époque qu’on avait quelque peu oubliée et avec bonheur, il faut le dire. « Moi, je m’appelle Mme Roger… », dit Gilberte en se présentant à son équipe.
L’organisation du THC était ravie de l’accueil du public. « Nous sommes bien contents de la réaction des gens », fait savoir. L’équipe espère connaître autant de succès que l’an dernier alors que le THC présentait la pièce Les voisins. « Nous avons reçu 21 000 spectateurs en 2006 et nous avons bien l’intention d’arriver à cela cet été. C’est bien parti et ça va être un bel été », assure confiante, Hélène Godbout, l’adjointe à la direction.
Du côté des comédiens, la bonne humeur était palpable.
« On sent vraiment que les gens ont du plaisir «, s’exclame un Antoine Bertand content. Les gens se laissent amener là où on veut les amener. Les entendre rire devant soi, c’est la meilleure drogue », rétorque-t-il.
Visiblement content de l’attitude accueillante des spectateurs, Martin Drainville laisse toutefois deviner un côté analytique et philosophe. Pour lui, il est évident que les gens reconnaissent des personnes réelles dans chacun de ces personnages. « Moi, des Jean-Guy (qui se cachent derrière une façade de bouffon) j’en ai connu dans ma vie. » Sur Stéphane, un profiteur comme il le dit, Drainville lance ceci : « Y’a rien de pire que de donner du pouvoir à quelqu’un qui n’a pas confiance en lui », pense-t-il.
À bon entendeur, salut!
(Photo:André Sirois)