La muselière
Je suis d’humeur égocentrique. Qu’il s’agisse de me questionner ou de me recentrer, une foule d’interrogations m’assaillent ces temps-ci. Je ne dois pas être la première à me poser ces questions…enfin, j’espère. En fait, je tente en vain de faire taire les voix qui hantent ma pensée. J’assume presque tous mes choix cependant, c’est différent dans ce cas, puisque ces voix sont divergentes, voire paradoxales, et je suis déchirée entre les deux.
D’une part, le coeur me chante les louanges d’une vie rangée, tandis que de l’autre, la tête me crie que la société est pourrie, que ça ne donnera rien qui vaille, que nos descendants se retrouveront sans espoir…Mère nature se meurt, l’équilibre économique mondiale se dirige inexorablement vers le déclin, les valeurs que l’on m’a transmises ne sont plus, la violence se fait omniprésente, la nouvelle génération serait la première à avoir une espérance de vie plus courte que la précédente…bref, plus que jamais, les gros mangent les petits. Sans compter le dilemme de la conciliation travail/famille, un incontournable pour les femmes dans notre société de consommation, qui, de surcroît, est individualiste jusqu’à la moelle. Il faut maintenant penser à la manière dont on va s’organiser lorsqu’on va se quitter…Non seulement c’est pitoyable mais c’est surtout incontournable, à ce qu’il paraîtrait.
Comment museler mes craintes ?
Égoïste par dépit, j’ai tout envoyé promener…pour le moment. Il me suffit d’observer le regard de mon amie lorsqu’elle prend sa fille dans ses bras pour réaliser qu’il n’y a que ça de vrai en ce bas monde.