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Une passion foudroyante

Les chasseurs d'orages scrutent le ciel pour nous

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 18 juillet 2007 à 14:05
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Une passion foudroyante
Plusieurs véhicules sont impliqués lors d’une chasse, et tous communiquent entre eux par le biais de téléphones cellulaires ou de radios.(Photo:Courtoisie)
Une passion foudroyante
Les chasseurs d'orages scrutent le ciel pour nous
Exerçant le métier d'électricien pour la Ville de Montréal, Alain Fontaine a sans contredit eu le coup de foudre pour les phénomènes physiques impliquant un courant. Fasciné par les orages, ce Repentignois s'est joint à l'Association des chasseurs d'orages et parcourt la province, traquant les éclairs avec son appareil photo.
« Les orages m’ont toujours impressionné. Petit, je voyais mon père se lever pour observer les orages la nuit, et j’ai développé cet intérêt à mon tour. Bien que j’aie mis ma passion de côté à l’adolescence, c’est revenu avec le temps. En 1998, il y a eu une alerte de tornade à Pointe-aux-Trembles, tandis que je m’en allais travailler. J’ai frappé de la grêle et des vents intenses, et ce fut une révélation. J’ai alors découvert l’Association de chasseurs d’orages, et j’en suis rapidement devenu un membre actif », explique M. Fontaine. « Le challenge est très fort avec la photographie, car il est vraiment difficile de capter le bon moment », ajoute le passionné qui va jusqu'à se lever la nuit pour une chasse même lorsqu'il travaille le lendemain.

Fondée vers la fin des années 1990, l’Association des chasseurs d'orages est composée d’une vingtaine de membres actifs, dont plusieurs tiennent un blogue sur le web. Chaque année, ces derniers se réunissent et rencontrent des spécialistes d’Environnement Canada, qui viennent leurs donner des informations relatives à la formation des cellules orageuses, de la durée de vie d’un orage, et des nombreux signes à observer. « Environnement Canada ne peut pas observer les petits phénomènes sur le terrain, tels que les orages violents, les vents et les tornades. Nous sommes leurs yeux », affirme celui qui a fondé l’organisme indépendant Canwarm avec un amateur de Pointe-aux-Trembles, devenant observateurs avancés par voie de radio pour Environnement Canada, qui peut ensuite émettre des veilles.

Pour la plupart des amateurs, les membres de l’Association vont chercher leurs informations à partir de l’imagerie radar disponible en continu sur le site d’Environnement Canada et quelques autres liens américains. Certains mordus vont également se fier à leur intuition, qui se développe rapidement au gré de leurs expériences. Plusieurs membres de l'équipe de l'ACO sont d'ailleurs partis chasser les orages aux États-Unis le 24 juin dernier, prévoyant parcourir plus de 15 000 kilomètres en trois semaines afin d'en apprendre davantage sur la formation de cellules orageuses et de tempêtes violentes.
Une passion qui coûte cher
Plusieurs véhicules sont impliqués lors d’une chasse, et tous communiquent entre eux par le biais de téléphones cellulaires ou de radios. « Non seulement nous sommes bénévoles, mais être un chasseur d'orages requiert beaucoup de matériel, soit une radio à l'intérieur du véhicule, un portable, des appareils photos de qualité, sans compter le carburant », évoque Alain Fontaine. « Nous devons surveiller les cartes sur nos portables et garder nos cellulaires à proximité. Ma femme participe souvent tout en demeurant en sécurité à la maison, en surveillant les cellules orageuses par imagerie satellite sur internet », explique ce dernier. « Je suis celui qui part dans la direction opposée à celle des autres lorsqu’il fait mauvais. Je ne connais pas grand monde qui aurait envie de me suivre. Parfois, même les policiers sont curieux et viennent vérifier ce que je suis en train de faire. Par exemple, l’an dernier, je m’étais arrêté en bordure de la route 341 à L’Épiphanie à une heure du matin afin de prendre des photos des nombreux éclairs qui sillonnaient le ciel. Des policiers de L’Assomption sont arrivés et sont repartis quand ils ont vu mon appareil. Je crois qu’ils commencent à nous connaître ! »
Un phénomène de plus en plus fréquent
De plus en plus de tornades sont observées au Québec depuis les dernières années, et le phénomène semble s'accélérer. Il n'y a qu'à penser aux trois tornades simultanées qui ont frappé le Manitoba au cours des dernières semaines et aux alertes de vents violents qui se multiplient depuis le début de la saison estivale, à la micro-rafale qui a frappé Mascouche en 2005, faisant quelques dommages autour du Golf de Mascouche, sans oublier les orages d'août 2006. En effet, le 1er août dernier, lors d’une tempête digne des orages sur les plaines américaines, il y a eu plusieurs petites tornades à travers la province, dont à Saint-Roch-de-L’Achigan et à Saint-Hyacinthe. Des observateurs de l’Association étaient sur le terrain, en pleine chasse, et des vents verticaux ont été vus à divers endroits, et une puissante tornade a été filmée par l’un d’entre eux au lac Drolet.

« Au moins 6 à 8 tornades sont rapportées chaque été au Québec, mais combien ne sont pas observées ? Les gens ne voient pas se qui se déroule dans le ciel », précise M. Fontaine. « Bien que l'Ontario soit plus propice à de telles manifestations, en raison de sa position géographique et des grands lacs, de fortes tornades peuvent éventuellement frapper le Québec, puisque nous sommes situés à la queue de la Tornado Alley. Un orage violent ou une tornade peut se former en une heure. Il suffit d'avoir certaines connaissances de base et d'être attentif pour le prédire. Les gens devraient se conscientiser davantage à ce type de phénomènes, car nous risquons d'en voir plus fréquemment au fil des années en raison du réchauffement planétaire. »

Par chance, les chasseurs d'orages veillent sur nous!

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