Le paradoxe parental
Avoir des enfants, c’est clair que c’est ce qu’il y a de plus merveilleux qui puisse arriver dans une vie, mais la spontanéité, l’intimité et la vie sociale en prennent bien souvent pour leur rhume.
Donc, lorsque cette semaine, mes beaux-parents qui profitaient d’une toute dernière semaine de vacances bien méritée nous ont proposé de prendre fiston pour quelques jours, nous n’avons pas hésité un seul instant.
« Profitez-en, sortez. Allez vous amuser », nous a recommandé belle maman.
« Oh que oui, on va en profiter ! », me suis-je alors dit, dans l’intimité de mes pensées.
Mais voyez vous, une dizaine d’heures à peine après avoir dit au revoir à notre tout-petit, nous voila assis, ma conjointe et moi, à la table d’un restaurant à disserter sur le bonheur d’avoir un fils aussi merveilleux, à se raconter ses dernières péripéties et à se demander si tout se passait bien chez grand-papa et grand-maman.
Quoi ? Notre rare moment de repos, d’intimité, de déresponsabilisation totale allait lui aussi être habité par l’aura angélique de notre petit bout’chou ?
Un petit effort, laissons-le de côté un peu, il est à des kilomètres d’ici et il doit dormir depuis bien longtemps, sans doute épuisé par les activités organisées par « apapa Pierre » et « amaman Lie ».
Nous réussissons finalement à le chasser de notre conversation, jasant un peu de mon… euh… enfin de notre projet de garage, de ce que l’avenir nous réserve, jetant de temps à autre un œil vers la télé où les Alouettes tentent de vaincre les Argos.
Une fois le repas terminé et la panse bien remplie, il n’y a plus de doute dans notre esprit : la fatigue nous a rattrapés, on rentre à la maison.
Et juste avant de quitter la table, ma flamme me demande : « Et le deuxième, comment on va l’appeler ?