Luc Guérin, un homme à la palette d’interprétation insoupçonnable.
(Photo: Roger Lacoste)
Luc Guérin: du rire aux larmes
Le chômage ? Un mot qui ne figure pas encore dans le grand livre de Luc Guérin. Pas plus que les vacances d’ailleurs. Lui, ses étés, il les passe sur une scène de théâtre. Peu importe, c’est sa passion.
C’est le deuxième été qu’il passe au Théâtre Hector-Charland, un lieu qu’il aime. Pareil pour L’Assomption avec ses petits cafés sur la rue principale.
Cet acteur prolifique envisage même de s’y produire encore, à L’Assomption. En compagnie de son ami Martin Drainville, il élabore quelques plans pour les prochains étés. Une production commune comme pour Appelez-moi Stéphane. « Quand j’entend les gens rire, ça donne un sens à ce que je fais. Puis, ici, il y a la fidélité du public. Ça donne le goût de continuer », confie l’acteur, qui est sorti de l’École nationale de théâtre en 1984.
Luc Guérin profite de sa bonne étoile. On peut dire qu’il a eu du nez en acceptant le rôle de Marcel lors de la toute première aventure des Boys. Un peu grâce à son initiative aussi puisqu’il s’est permis de faire quelques suggestions à l’auteur, souhaitant donner plus d’espace à Marcel. « Il était tout petit ce rôle au départ », lance le comédien, fier de lui.
Après quatre films à succès, « Les Boys » prendront l’affiche au petit écran toutes les semaines à compter de l’automne. Une saison chargée pour Marcel. Pour Jacques aussi. Celui-ci reprendra sa place de pro
fesseur à l’école secondaire de Virginie également en septembre. On assistera aux envolées lyriques de ce passionné professeur de littérature plusieurs soirs par semaine. « Jacques, c’est un être tourmenté par l’amour, un absolu. »
Et Luc Guérin dans tout ça ? Lui qui nous avait habitué à un répertoire plus près de l’humour, il nous a fait de belles surprises ces dernières années.
Car avant Jacques, il y a eu Willie (Lamothe), le bien connu chanteur de country. Un beau cadeau pour le comédien. Sur la rue, les gens l’interpellent souvent en lui disant : « Hey, Willie! »
« J’suis content. J’aime ça jouer du drame, de la tragédie », affirme joyeusement Luc, qui révèle par ailleurs être amateur de polars, de romans policiers.
Il ne détesterait pas camper un médecin qui sauve des vies ou un avocat qui défend les gens. « Un rôle social qui aurait un impact social, confie-t-il. J’aime les gens et j’ai beaucoup de compassion. »
La compassion, c’est une belle qualité. Dans son cas, c’est même un atout pour aborder ses rôles. Lorsqu’un lui propose un personnage, il monte un dossier. Il cherche à découvrir la nature du personnage, ses motivations psychologiques. « J’aime trouver la vérité d’un personnage », précise Luc. Mais la vérité de l’autre, c’est aussi ses états d’âme. Luc l’a appris à ses dépens. Un bon moment après la fin du tournage de « Willie », il traînait encore la peine de son personnage, sa tristesse.
Il y a aussi de ces rôles qui demandent plus qu’une préparation: une adaptation de tous les instants. Dans la vraie vie, Luc Guérin Il est papa de deux grandes filles presque adultes, un rôle pas toujours facile. Il a ses moments de tourmente. « Être papa en 2007, c’est beaucoup d’inquiétude. L’hypersexualisation des jeunes est en train de briser certaines valeurs. Pourtant, l’amour, c’est la plus belle chose au monde », lance le comédien, un peu en guise de reproche. Père, un rôle au défi constant. « Mais, si c’était à recommencer, je n’hésiterais pas une seconde. »
(Photo: Roger Lacoste)