Tassez-vous!
Et oui, c’est la rentrée. Pour les jeunes d’âge scolaire, c’est sans doute un moment mêlé d’euphorie et de nostalgie estivale, mais pour le pauvre travailleur qui doit emprunter le réseau routier de la grande région métropolitaine, l’heure des frustrations est arrivée.
Je me souviens très bien, à chaque rentrée, j’étais fébrile à l’idée de revoir mes copains et surtout, de rencontrer les petites nouvelles. Maintenant, pour moi, rentrée est synonyme de trafic, lenteur et crise de nerfs.
Non, mais est-ce que tout le monde s’appelle pour partir de chez eux en même temps que moi? Est-ce que c’est une conspiration pour me faire péter les plombs? Si c’est le cas, et bien on est plusieurs à être visés parce qu’à voir le visage des gens dans leur voiture quand, au beau milieu de la 20, de la 40 ou de la 640, là où la limite de vitesse est de 100 km/h, l’aiguille de l’indicateur de vitesse ne dépasse pas la barre des 10 km/h pour un bon moment, je constate que je ne suis pas le seul à ronger mon frein.
Si on pouvait entendre ce qui se dit dans toutes ces voitures, engluées les unes derrières les autres, un nuage de monoxyde de carbone les enveloppant, disons que les oreilles du p’tit Jésus auraient des raisons de siller.
« Tassez-vous », disons-nous tous en cœur, blâmant les autres pour notre retard, refusant d’admettre que l’on est nous-mêmes un peu responsables du bourbier dans lequel on se trouve.
Au rythme où vont les choses, le fleuve ne sera bientôt qu’un petit ruisselet s’écoulant lentement vers l’océan. Que l’on fasse comme Barrette l’a déjà dit : on le remplit d’asphalte et bye bye trafic!
Vous trouvez ça farfelu? On s’en reparle dans quelques années.