Libertatem recipio
Loin d'être dans la situation de leurs homologues de la Corée du Nord, de l’Iran ou de Cuba, les journalistes canadiens ont tout de même matière à s'inquiéter, puisque le Canada aurait reculé au 18e rang mondial à l'égard du respect de la liberté de presse. Le droit du public de recevoir une information fiable est donc menacé jusqu'ici selon Reporters sans frontières.
Il suffit d'observer des pays tels l’Érythrée, une sommité du liberticide envers la presse, pour minimiser notre situation. Là-bas, c'est l'extrême, on interdit les médias indépendants, il y a des morts suspectes de journalistes en prison... La Chine, qui trône au 163e rang sur 169 pousse la note et va jusqu'à bâillonner les blogueurs. Néanmoins, depuis les attentats de 2001, nos gouvernements ne cessent d’attaquer les dogmes de notre profession, soit la protection des sources d’information. Sous le couvert de la défense de la sécurité nationale, les forces de l’ordre saisissent des images filmées lors des manifestations, des calepins où sont inscrits les noms d’informateurs confidentiels. Harper lui-même choisit encore à quels journalistes il accepte de rendre des comptes. Il y a des tensions entre le cabinet du premier ministre, le premier ministre et l’ensemble de la presse parlementaire.
Aussi, dans tout l’appareil fédéral, l’accès aux employés détenant les réponses aux questions des journalistes est extrêmement difficile. Québec aimerait bien fermer les vannes.
Pire encore, on assiste à un phénomène de convergence qui se traduit par une uniformisation de l'information. À cet égard, les « lockoutés » du Journal de Québec se retrouveraient actuellement dans l'impossibilité de réaliser des entrevues avec les artistes œuvrant sous la bannière de Quebecor et ses nombreuses filiales, selon Daniel Paquet, rédacteur en chef du MédiaMatinQuébec, le quotidien produit par les « lockoutés »...Va-t-on prendre la tangente ou se faire museler ?