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De Brazzaville à L’Assomption

Lang’I amène sa chaleur musicale au THC le 9 novembre

Reine Côté par Reine Côté
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Article mis en ligne le 5 novembre 2007 à 11:40
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De Brazzaville à L’Assomption
Oupta et Kében, les deux voix du groupe Lang’I. (Photo: Éric Carrière)
De Brazzaville à L’Assomption
Lang’I amène sa chaleur musicale au THC le 9 novembre
De Brazzaville à Montréal, il faut 14 heures de transport. C’est le temps qu’a mis la formation Lang’I pour arriver jusqu’au Québec où elle fera une tournée avec sa chaleureuse musique aux rythmes métissés. Deuxième arrêt : le Théâtre Hector-Charland, le 9 novembre, à 20h.
Dimanche matin, après leur première nuit à Montréal, la joyeuse bande de sept musiciens est fidèle au rendez-vous donné au Marché Jean-Talon. Enfin presque. Quatre d’entre eux m’attendent avec impatience tandis que les trois autres se fourvoient sur le chemin et sortent du taxi à l’autre bout du marché. En les attendant, nous sommes donc cinq assis dans un petit café pour faire connaissance.

C’est le premier voyage au Canada pour cette troupe congolaise. Le deuxième pour Kében, un français qui s’est égaré en 2001 dans la 2e ville la plus importante du Congo, trop heureux d’enfin pouvoir jouer une musique qui l’attire depuis longtemps. Pendant la rencontre, il s’adresse quelquefois aux autres en lari, un dialecte congolais qu’il maîtrise assez bien après six ans de pratique quotidienne.
L’esprit Lang’I
Lang’I veut dire « couleur » en lingala, un autre dialecte congolais. En écoutant la musique de Lang’I, on comprend aussi que c’est la rencontre de plusieurs talents. Celui de Jess, à la batterie, de Morgan, aux percussions, de Willy, à la basse, de Claude, à la guitare et de Murphy, au clavier. Oupta et Keben, eux, occupent le devant de la scène avec leur jolies voix. Celle d’Oupta, la seule fille du groupe, possède un timbre profond, androgyne, qui rappelle la puissance vocale bien présente dans le chant gospel. Normal. Petite, elle chantait le kilombo, une musique traditionnelle proche du gospel dont les racines, ne l’oublions pas, sont africaines.

Leur premier album sorti en 2005, « Nto le ruisseau », a fait naître une musique aux couleurs métisses, fille de l’Afrique et de l’Occident. Les deux voix conjuguées d’Oupta et de Kében portent l’union de ces deux continents. Ils chantent une musique tradi-moderne, comme se plaît à le dire Oupta. Des rythmes traditionnels du Congo à la sauce moderne interprétés en français et dans plusieurs dialectes congolais : lari, lingala, téké, bémbé, mbochi. Mais leur musique révèle surtout un peuple à l’âme empreinte de paix, de gaieté et d’un peu d’insouciance. Des âmes tendres. « Moi, je chante avec mon cœur. J’affirme ce que j’ai vécu. J’aime être vraie quand je chante. Je parle d’amour, de justice, de l’unité des peuples et des femmes aussi. Chez nous, elles ne sont pas encore émancipées. Elles ne pensent qu’au mariage. J’aimerais qu’elles puissent s’épanouir », explique Oupta. Et son cœur de femme à elle, Oupta, bat-il pour son partenaire Kében? Tous éclatent de rire. « Non, mon amoureux, c’est Jess », confie-t-elle. Il faut dire que ce dernier se fait très discret et laisse toute la place à sa belle.

Évidemment, le Congo, c’est aussi la violence de la guerre passée. « Mais la guerre ne vient pas du peuple », tient à préciser Kében. « C’est une société qui a vécu beaucoup de problèmes et qui est en train de se reconstruire. Nous, on veut montrer que la différence, c’est aussi une richesse », ajoute Murphy.

Les textes de Lang’I parlent donc du quotidien congolais, de ce qui a été perdu culturellement. « On parle d’espoir aussi », souligne Murphy.

Les gars racontent leur pays. Présentement, le Congo est cassé en deux. Il y a beaucoup de parents qui abandonnent leurs enfants, trop pauvres pour s’occuper d’eux ou pas assez outillés. « On essaie de leur dire de se prendre en mains », fait savoir le chanteur français.

« On aimerait bien garder ce que nos ancêtres avaient de précieux : la famille, le sens de la communauté », expose Oupta.

C’est précisément cet esprit de communauté qui a frappé Kében en arrivant au Congo. « On n’est jamais seul, là-bas. Quand t’as un problème, tu peux le partager avec les autres. - Nous, occidentaux, on n’est pas habitués à cela. - Mais quand t’as plusieurs personnes à avoir un problème, ça commence à être pesant », raconte Kében, en rigolant.

Mais ce dernier apprécie leur façon de vivre, leur facilité à établir des contacts humains. « Je leur apporte une peu de rigueur et eux, ils m’apprennent à lâcher prise. »
Enfin le succès
Si le groupe Lang’I existe depuis 2003, c’est véritablement en 2005, avec la sortie de leur album, que la popularité s’est amenée.

En 2005, la formation reçoit la Médaille de bronze aux Jeux de la francophonie 2005, au Niger, puis, l’année suivante, le Tam Tam d’Or du meilleur spectacle congolais.

En 2006, ils font une première tournée en Europe francophone et terminent finalistes des Découvertes de Radio France internationale.

Le 7 novembre prochain, Lang’I donnera un spectacle dans le cadre de Coup de cœur francophone, à Montréal.

Après notre rencontre, la troupe part vite en direction des magasins, pressée d’acheter des vêtements chauds. Grrr, c’est froid le Québec! Malgré tout, d’ici la fin de leur tournée, le 1er décembre, ils souhaitent bien voir la neige tomber.

(Photo: Éric Carrière)

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