La violence touche 25 000 jeunes femmes
Cette année dans la région métropolitaine de Montréal, 25 000 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans subiront de la violence conjugale. Deux fois plus que partout ailleurs au Québec. Lanaudière fait justement partie de la zone ceinturant la métropole. Inquiétant, non?
C’est ce qui ressort des chiffres présentés par Statistiques Canada aux différentes commissions scolaires. Dans un atelier offert aux élèves du secondaire de l’École Félix-Leclerc, à Repentigny, la semaine dernière, le travailleur social Martin Boutin a tenté de sensibiliser ses jeunes à la violence entre partenaires amoureux, si jeunes soient-ils. C’est que la violence conjugale peut prendre plusieurs formes, pense-t-il.
« Cette année au Québec, 100 000 femmes seront touchées par la violence et le quart d’entre elles ont moins de 18 ans », annonce d’entrée de jeu le travailleur social.
Ce dernier se montre inquiet face à ces chiffres. Il croit même qu’ils sous-évaluent le phénomène chez les jeunes. À ses yeux, le principal problème réside dans le fait que les jeunes ne savent pas réellement ce qu’est la violence. « Les jeunes n’identifient pas bien ce qu’est la violence », affirme-t-il.
Lorsqu’il leur demande à quoi ils associent le mot violence, la réponse se résume ainsi : armes, batailles, sang.
Pourtant, M. Boutin estime que la violence peut s’exprimer de différentes façons et n’en demeure pas moins grave. Devant quelques étudiants présents à l’atelier au Salon étudiant, il explique au passage les quatre dimensions.
D’abord, la violence peut être psychologique, ce qui la rend bien incidieuse car elle ne laisse pas de marques coups. Une forme de violence moins grave? « C’est faux, cette violence laisse des traces à l’intérieur et enlève de la confiance en soi », répond Martin Boutin.
La dureté verbale représente également une forme de violence et elle beaucoup plus répandue qu’on ne le croit. Évidemment, les coups physiques sont directement associés à une agression. La domination par le rapport de force y est souvent bien présent. La violence peut aussi s’exprimer par des rapports sexuels forcés, des attouchements déplacés, du harcèlement.
Le travailleur social y est allé de quelques conseils avisés pour désamorcer la bombe intérieure qui se prépare. Marcher peut fortement contribuer à diminuer la pression. S’exprimer par le «J» empêche aussi de rejeter sur l’autre un sentiment d’oppression. Discuter peut bien sûr aider à négocier certaine choses mais ne permet pas de tout régler.
« Si vous êtes victimes de violence, dites-le à quelqu’un », recommande le travailleur social aux élèves qu’il côtoie chaque jour à l’école Félix-Leclerc.
Deux fois plus de jeunes femmes subissent de la violence dans la région de Montréal qu’ailleurs au Québec.
(Photo:Courtoisie)