Caroline Bleau, une jeune cantatrice fière de rendre hommage au plus célèbre des ténors.
(Photo:Roger Lacoste)
Occasion unique de redécouvrir Pavarotti
Caroline Bleau est une jeune femme heureuse. Le 29 février, elle fera partie du quatuor de L’Atelier lyrique de Montréal qui rendra hommage au célèbre Luciano Pavarotti à l’Église Notre-Dame-des-Champs.
Tout un honneur pour la jeune chanteuse d’opéra de 26 ans native de Terrebonne. « Pavarotti ne sera jamais remplacé. Faire une carrière aussi longue et être autant aimé du public, on ne reverra pas ça. Il possédait une chaleur humaine et savait communiquer avec le public », pense Caroline Bleau.
Elle estime que le milieu de l’opéra a aussi bénéficié de la carrière prodigieuse du ténor italien. Non seulement parce qu’il a su donner une couleur personnelle aux œuvres des compositeurs italiens tels que Puccini et Verdi mais aussi parce qu’en combinant classique et populaire – parfois même rock – sur une même scène à l’occasion de spectacles bénéfices (Pavarotti and friends), il a rendu l’opéra accessible à tous. Un tour de force quand on sait que cet art a longtemps présenté un visage rigide et hermétique dans l’esprit des gens.
Caroline Bleau, elle, ne perçoit pas du tout le chant classique comme inaccessible. Elle-même y a été initiée à l’âge de trois ans alors qu’elle écoutait les concerts de Pavarotti dans le cadre des Beaux Dimanches, à Radio-Canada. « Pavarotti est le premier ténor que j’ai connu petite. Quand je l’ai entendu Pavarotti dans la dernière scène de La Bohème, son intensité d’interprétation sur la dernière note m’a fait pleurer », se souvient la jeune cantatrice, qui avoue verser encore quelques larmes lorsqu’elle revoit ce passage.
« Pavarotti, c’est la voix d’opéra idéale : c’est la richesse des harmonies et des sons aigus éclatants. C’est un idéal à atteindre sur le plan de la technique vocale, un timbre de voix unique que l’on pouvait reconnaître dès les deux premières notes », explique Caroline Bleau.
À 16 ans, elle s’inscrit donc à des cours de chant classique. Pendant dix ans, elle étudie l’art lyrique avec des professeurs privés puis à l’Université de Montréal. Maria Callas, Renata Telbaldi, Léontine Price, Renée Flemmings, Anna Netrebko. Des cantatrices célèbres qui l’inspirent.
De 1999 à 2002, elle participe au Concours annuel de l’ARAM et elle remporte le 1er prix à sa dernière participation. En 2007, elle se joint à L’Atelier lyrique, un groupe montréalais qui accueille dans ses rangs des stagiaires de partout au Canada.
Caroline est convaincue que l’opéra possède encore un bel avenir. L’Atelier lyrique ouvre ses horizons. Il offre des spectacles dans le métro – le Métropéra – aux stations Berri et Atwater. Tout juste avant le début des concerts en salle, il présente des spectacles de 30 minutes trois jours durant. L’idée plait. Près de 300 personnes s’amassent dans les souterrains pour entendre cette belle musique.
L’Atelier lyrique offre aussi des billets à prix réduit pour les jeunes de 18 à 30 ans. Un billet d’une valeur de 75 à 100$ laissé à 30 à 40$.
Pendant les générales publiques, les écoles sont invitées à amener leurs élèves à assister à l’exercice.
Tout l’automne, L’Atelier lyrique s’est promené d’une Maison de la culture à l’autre sur l’île de Montréal pour faire découvrir tout à fait gratuitement leur concert « Trois sopranos et leurs divos ». Les prochains concerts se dérouleront en avril.
Le 29 février, c’est toute la population lanaudoise qui est invitée à redécouvrir le grand Pavarotti à l’église Notre-Dame-des-Champs. Dès 20h, les ténors, Antoine Bélanger et Thomas McLea, le baryton, Pierre-Étienne Bergeron et la soprano, Caroline Bleau, se lanceront dans une envolée de succès classiques que le plus grand des ténors interprétait comme personne : La Traviatta, La Bohème, La fille du régiment, et autres extraits de Puccini. Une mise en scène qu’on promet vivante, des interprètes de talent. Quoi demander de plus pour se découvrir une passion pour l’opéra?
(Photo:Roger Lacoste)