Renée Martel
(Photo:courtoisie)
Renée Martel est de retour
Après neuf ans d’absence sur la scène, Renée Martel se posait une seule question : « Le public va-t-il revenir me voir ? »
Une question bien légitime pour une artiste qui compte plus de 55 ans de carrière. Forcée à mettre fin à sa carrière suite à l’ablation de la moitié d’un poumon en 1999, la cowgirl dorée avait fait son deuil de la scène. Le verdict des médecins ne lui laissait aucun espoir de reprendre la chanson. Et voilà que la vie fait un pied de nez à la science. En 2007, elle reprend confiance et décide de s’offrir une tournée en salle.
Depuis le printemps 2007, elle se promène partout au Québec et se produit dans des salles pleines. Une gageure réussie. « C’est une révélation pour moi. Les salles sont complètes, je fais des supplémentaires. Ça me dépasse. Jamais, je n’aurais pensé que ça marcherait autant », lance la blonde chanteuse.
Elle est heureuse de constater à quel point son public lui est resté fidèle. Touchée même. « J’apprécie cette seconde chance. Je fais mon métier avec beaucoup plus d’appréciation, avec plus d’émotions. Lorsqu’on commence sa carrière, ça devient vite un travail de monter sur scène, alors que maintenant, je le fais avec plus de conscience », confie Renée Martel, qui s’arrêtera au Théâtre Hector-Charland le 22 février prochain.
Tôt sur les planches
À cinq ans, Renée Martel était déjà sur scène avec papa. L’histoire est bien connue. Mais pour Renée Martel, elle prend une dimension toute particulière à l’époque du vedettariat instantané.
S’il y a une artiste pour qui le mot expérience prend tout son sens c’est bien Renée Martel. Peu d’artistes québécois comptent autant d’années de scène qu’elle.
Sans vouloir critiquer la formule de Star Académie, la chanteuse émet quelques réserves. Pour elle, le métier de chanteur s’apprend sur le tas, au fil des ans. Rien ne peut remplacer l’expérience de la scène. Encore moins 55 ans de scène. « Quand tu as 50 ans de métier, c’est pas vrai que l’artiste qui compte un mois de métier a le même statut. Ces jeunes artistes font des hits mais après un ou deux ans, on n’entend plus parler d’eux. On les regarde passer. Ce n’est pas de monter qui est difficile, c’est de rester. Et c’est ça que les jeunes artistes ne comprennent pas. Ça prend une carapace et être fait fort dans ce métier-là », affirme avec conviction Renée Martel.
Pour elle, la meilleure preuve de succès pour un artiste n’est pas de faire vendre des disques mais d’attirer des gens en salle. Surtout après une longue carrière comme la sienne. C’est pourquoi elle est si fière de voir arriver autant de gens dans ses salles. On serait tenté de le voir comme un exploit. Pas à ses yeux. Juste une récompense pour des années de travail. Un cri d’amour comme l’expriment certains pendant le spectacle : « On t’aime Renée ». Normal. Cinquante-cinq ans de contact intime avec le public, ça crée des liens forts. « On parle d’une vie. En 55 ans, il y a eu des moments difficiles, mais aussi des moments extraordinaires. J’ai un contact intime avec le public. Je suis chez moi sur scène. »
En show, la plus connue des countrygirls du Québec rend bien sûr hommage à papa Marcel en chantant ses chansons. Puis, en deuxième partie, elle reprend ses grands succès en plus d’interpréter quelques airs bien connus des grands noms de la chanson country.
Se réjouit-elle de l’engouement actuel pour le country? La question la fait un peu rire, elle qui a toujours nagé dans ces eaux.
Et ses projets d’avenir? Un nouvel album sortira au printemps. On y entendra trois ou quatre titres écrits par Renée puis les autres seront signés par les Desjardins, de Larochelière, Rivard et Charlebois. En attendant, les fans de Renée Martel sont invités à prendre siège au THC, à L’Assomption, le 22 février, à 20h.
(Photo:courtoisie)