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Anarchie !

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 10 mars 2008 à 10:58
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Anarchie !
Pour la première fois de l'hiver, les météorologues ont vraiment eu raison de déclencher l'état d'alerte face à la tempête qui s'en venait…Sauf qu'ils avaient perdu toute crédibilité, depuis un moment. J'ai donc fait partie des nonos qui ont pris la route sans motif valable, se disant « Bah ! Ils vont encore partir en peur pour rien. »

Ce n'est qu'une fois rendue à 50 km de chez moi que j'ai réalisé qu'il me serait quasi impossible de rentrer à la maison...du moins, saine et sauve. J'ai donc trouvé asile chez une amie, mais je devais tout de même me rendre chez elle…si je retrouvais mon chemin.

Après quelques kilomètres à déraper à l'aveuglette, prise dans le blizzard, j'ai failli paniquer. Puis je me suis dit que je n'allais jamais me rendre si je perdais mon sang-froid…Montant le volume de ma radio à tue-tête, je me suis mise à chanter et danser au volant, proche de l'hystérie, mais riant du pathos de la situation. Ne voyant pas plus loin que mon pare-choc avant, la ville étant plongée dans une obscurité ponctuellement interrompue par les explosions des transformateurs électriques, je traversais les boulevards en retenant mon souffle.

Arrivée chez mon amie, deux heures plus tard (pour un trajet qui aurait dû prendre quinze minutes), je me suis sentie telle une réfugiée de guerre prise au piège dans sa planque. Le lendemain, alors que tous les voisins étaient dehors à pelleter et à chialer, je me suis jointe à eux pour invectiver Dame Nature et me plaindre.

Toutefois, j'ai ravalé mes propos le soir même en voyant un homme en fauteuil roulant se faufiler entre les bancs de neige, souriant. Je me suis sentie tellement geignarde…j'en ai rougi de honte. Amenez-en, des tempêtes, je suis prête !

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