Coucou Isabelle!
Je m’en vais de ce pas rejoindre une amie au bistro L’Ange Cornu, à L’Assomption. Dans moins d’une heure. Qu’y a-t-il d’exceptionnel à cela? Eh bien, je ne l’ai pas vue depuis près de 15 ans. Une bonne amitié égarée par la vie, par les nombreux changements et déménagements, chacun de notre côté. Pourtant, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup marquée. Une artiste dans l’âme. Une originale. Toutes ses voitures portaient un prénom : Picotine, Roussette. C’était l’époque où nous étions un peu dans la dèche. Puis, elle est partie enseigner à Kangiqsualujjuaq. Essayez de répéter ça. Elle m’écrivait de charmantes lettres où elle racontait sa difficile adaptation parmi ce peuple inuit dont elle avait pourtant si hâte de découvrir en regardant « Il danse avec les loups ». Elle a fait preuve d’un courage exemplaire. J’ai relu ses lettres, il y deux ans. Travailler dans un milieu à la culture et au mode de vie si différent du nôtre exige parfois que l’on accepte de se remettre en question. Elle l’a fait. Ensuite, elle est partie enseigner dans une école ontarienne où la morale religieuse était si stricte qu’elle ne pouvait même pas vivre sous le même toit que son copain. Elle l’a fait. Ensuite, elle est allée enseignée dans une école primaire autochtone d’Oka. Plusieurs années même. Maintenant, elle écrit des bouquins pour enfants. Isabelle a toujours eu de la magie en elle. Le regard qu’elle posait sur les gens était si lumineux. Dans ses lettres, elle m’exprimait toute l’admiration qu’elle portait. Tu es une Reine, me disait-elle. Lorsque j’ai relu ses lettres en 2006, tous les doutes qui m’assaillaient dans cette période un peu sombre sont disparus. Merci Isabelle d’être toujours mon amie malgré le temps.