Annie Dando, ex-coordonnatrice à la Maison mémoire du cœur, a donné une conférence sur le respect dans la relation de soins en se basant sur une étude réalisée par Marlène Falardeau à la Maison mémoire du cœur.(Photo : Roger Lacoste)
Respect et qualité de vie des personnes âgées : un lien indéniable
Déjeuner-causerie sur le respect dans la relation de soins
Une étude ayant récemment été menée auprès de personnes âgées atteintes d'Alzheimer, l'Agence de la santé et des services sociaux a organisé un déjeuner-causerie le 1er avril dernier, afin que les intervenants de la région puissent en découvrir la teneur.
Venue présenter les paramètres et résultats de l'analyse réalisée à la Maison mémoire du cœur, établissement situé à Saint-Charles-Borromée spécialisé dans les soins pour les personnes atteintes d'Alzheimer, Annie Dando, coordonnatrice de l'endroit de 2002 à 2007, a décrit les manifestations et les attitudes du respect dans la relation de soins, tentant de répondre à la question suivante : existe-t-il un lien entre le respect et la qualité de vie des personnes âgées présentant une déficience de type Alzheimer ?
« À la Maison mémoire du cœur, la philosophie est basée sur le respect, car c'est d'abord et avant tout un milieu de vie. Tout dans ce centre est pensé et conçu en vue de respecter les individus dans leur développement, et pour compenser leurs pertes. Nous avons donc organisé des rencontres d'observations avec les résidants et les familles, et en avons conclu qu'il importe de reconnaître leurs besoins afin de stimuler leur estime de soi. Une vie dans le respect et la dignité est plus importante que la maladie elle-seule, que de simplement tenter de soigner le corps et laissant les désirs de l'individu de côté », a expliqué Mme Dando. Celle-ci a ensuite présenté les résultats de l'étude dans le détail, abordant au passage la charge émotive liée à la perte, les manifestations de respect au quotidien, le toucher thérapeutique, et l'importance de l'attitude du soignant. Il en est d'ailleurs ressorti que les principales manifestations d'irrespect concernent le manque d'écoute et le langage, qui est souvent trop familier et infantilisant. Les effets du manque de respect allant jusqu'aux comportements perturbateurs, les intervenants œuvrant auprès des personnes âgées se sont remis en question sur leur manière de se comporter, qui est en fait une forme d'«essais et erreurs », selon Mme Dando. « C'est du cas par cas, et il faut le faire comprendre aux familles, voire les inclure dans les interventions, puisque leur comportement va dépeindre sur les interventions. Il faut être conscients de nos limites, et surtout miser sur le bien-être du patient en palliant à ses pertes par de petits gestes », a-t-elle conclu.