Le 17 avril, Daniel Lavoie sera sur la scène du THC, à 20h.
(Photo : André Pichette)
Daniel Lavoie, la voix du poète
Il y a bien longtemps que Daniel Lavoie se promettait de faire une scène, seul, avec son piano. Pour Docteur Tendresse, il s’y est décidé. Depuis septembre, il a repris la route des salles de spectacles. Il s’arrêtera le 17 avril à L’Assomption, au Théâtre Hector-Charland.
Ses admirateurs ne seront pas pourtant surpris de retrouver Daniel seul devant eux. L’homme dégage un besoin d’intimité, l’artiste une poésie digne de Léo Ferré. On lui a fait cette remarque il y a quelque temps. Il en est très fier. « Il n’y a rien qui me fait le plus plaisir. J’aime beaucoup son œuvre, sa façon d’aborder les textes, c’est très poétique. »
Pour Daniel Lavoie, la poésie est la réponse à tout, surtout à la bêtise humaine. « La cupidité humaine nous emmène dans un monde où l’on ne peut pas faire semblant de rien. Mais moi, j’ai choisi un chemin volontairement optimiste. Je suis peut-être fou de le faire, mais c’est un choix. Je trouve mon réconfort dans la poésie. La poésie prend un recul dans tout ça, et cherche le beau même dans le laid », fait observer le chanteur.
Pas pour rien, pense-t-il que sa chanson « Ils s’aiment » ait tant touché les gens. Deux millions de copies vendues à travers le monde. « C’est un constat réaliste de jeunes en pleine déconfiture, soutient Daniel, qui insiste sur le côté optimiste du texte. Laissons-les s’aimer. Ils s’aiment comme des enfants », reprend-t-il.
Il a réalisé il y a quelques années deux albums racontant des histoires aux enfants avec pour principal personnage Bébé Dragon. Selon lui, les adultes ont encore ce besoin bien présent qu’on leur raconte des histoires. Son nouvel album « Docteur tendresse « est un peu une réponse à cela. « Sauvez », « Savez des bonbons », des titres évocateurs d’un grand besoin d’apporter une lumière dans cette époque sombre. « On a envie de se faire raconter des histoires qui nous prennent en considération, qui parlent d’espoir. On a besoin d’espoir. »
L’artiste se défend pourtant de vouloir passer des messages. « J’ai envie de donner ce que j’aime quand je vais voir un show J’ai envie de me faire bercer, de me faire parler du bonheur. Je n’essaie pas de passer un message. Je ne fais pas de morale. Je veux juste que les gens passent un bon moment. »
Seul au piano
C’est pourquoi il a choisi de se présenter seul au piano. Il a décidé de se lancer sans le filet de sûreté que représentent les musiciens. Il s’est imposé d’être à l’aise sur scène. Après tout, il a commencé ainsi, seul avec le public. Il désirait revenir à cette formule. Pour lui, ce pianoman show, c’est un contact yeux dans les yeux avec le public. Une réaction aussi à la surmédiatisation de son aventure avec Notre-Dame-de-Paris. Un grand besoin de retrouver une simplicité.
S’il reconnaît la chance qu’il a eue de participer à cette œuvre musicale au gigantesque succès, il se souvient aussi du côté enivrant de cette période. « C’était troublant, ça avait un côté surréaliste, irréel. C’était du délire collectif : chaque soir, des milliers de gens nous attendaient à la sortie pour nous arracher nos vêtements. C’était de la folie », se souvient Daniel, avouant aussi qu’il est bien difficile de ne pas perdre les pédales quand ce genre d’aventure prend de telles proportions. « Et toute cette attention qu’on nous donne n’est tellement pas vraie. On finit par se sentir un peu perdu », dit l’ex-interprète de Frollo, qui ne regrette pas d’y avoir participé, l’esprit d’équipe étant formidable entre les partenaires de scène.
Daniel Lavoie reprend donc sa liberté. Seul avec son piano. La liberté d’improviser un peu, d’arrêter un peu plus longtemps sur une chanson. « Ça donne quelque chose de plus personnel et de plus intense. »
(Photo : André Pichette)