Un pas en arrière
Il se passe présentement quelque chose de vraiment inquiétant à Ottawa. Malgré le fait que la Cour suprême se soit prononcée à quatre reprises sur le sujet depuis 20 ans, le projet de loi C-484 est rendu à l’étape du comité permanent de la justice et des droits de la personne. Troisième projet de loi du genre présenté par un député conservateur, la « Loi sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels » viserait de façon détournée à recriminaliser l'avortement au Canada. Prétendant avoir pour objectif de protéger les fœtus et les femmes enceintes en alourdissant les sentences, cette loi ouvre la porte à la reconnaissance des droits du fœtus et, donc au débat sur la légalité de l'avortement.
Je suis la première à désapprouver les femmes qui font appel à l'avortement en guise de moyen de contraception, mais je suis plus que convaincue du fait que toute femme devrait avoir le libre choix avant d'atteindre les trois mois de grossesse. Il n'y a qu'à penser à l'horrible scénario du viol pour comprendre que l'avortement est parfois un incontournable. Et que dire des pronostics qui démontrent hors de tout doute que la santé de l'enfant à naître sera compromise? J'ai un énorme respect pour celles qui mettent au monde un enfant lourdement handicapé en connaissant son état à l'avance, mais personnellement, je ne sais pas si j'en aurais la force…Je me range donc du côté des nombreux médecins qui se sont mobilisés contre les conservateurs cette semaine, craignant de vivre un retour à l'époque des avortements illégaux dans les sous-sols et les garages avec des broches à tricoter. Après tant de progrès, sommes-nous à la veille d'assister à un désastre médical?