Repentigny réorganise son territoire électoral
Création de quatre nouveaux districts
Déclarant avoir pour objectif de favoriser la démocratie, le conseil municipal de la Ville de Repentigny a adopté, mercredi dernier, un projet de règlement qui fera porter le nombre de districts électoraux de 12 à 16 aux prochaines élections générales de novembre 2009.
« Il fallait absolument rétablir l’équilibre, et j’ajouterais même l’équité sur le plan de la représentativité et de la démocratie. Ce projet de règlement s’inscrit dans notre philosophie de gestion marquée par l’approche client. En effet, nous souhaitions maintenir le nombre de citoyennes et de citoyens par district à un niveau raisonnable pour que toutes les conseillères et tous les conseillers puissent les servir avec encore plus d’efficacité. C’est une mesure qui renforce notre vie démocratique », a déclaré la mairesse Chantal Deschamps.
Ayant pour objectif d’assurer une représentation juste et équilibrée des citoyens à la table du conseil, cette démarche de la Ville de Repentigny doit tenir compte de critères telles les barrières physiques, les tendances démographiques, la superficie, ou encore la distance. Les districts électoraux des municipalités assujetties aux dispositions afférentes de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités doivent comprendre à peu près le même nombre d’électeurs. Le conseil de Repentigny justifie donc cette décision par la croissance démographique et le développement des dernières années, qui ont creusé des écarts entre certains secteurs. Les conseillères et les conseillers servent actuellement près de 5 000 personnes, incluant 3 800 électeurs. La décision du conseil municipal permettra de stabiliser le nombre d’électeurs par district à 4 000 au prochain scrutin, et ce, en tenant compte de la croissance anticipée de la population.
Selon les estimations du conseil, l’augmentation du nombre de districts représentera une somme additionnelle récurrente de 100 000 $, soit 0,001 % du budget de la Ville de Repentigny, qualifié « d’investissement dans la vie démocratique municipale » par Mme Deschamps.
La révision des districts électoraux de la Ville de Repentigny a été réalisée avec le concours d’Innovision +, une entreprise experte en révision du territoire électoral comptant à son actif 11 431 300 électeurs géopositionnés et 18 750 territoires créés, révisés ou traités. Sa clientèle comprend, entre autres, la Ville de Montréal, la Ville de Québec, la Ville de Laval, la Ville de Sainte-Julie et la Ville de Saint-Jérôme.
L'opposition s'insurge
Tandis que la plupart des conseillers semblent en faveur du redécoupage et de l'ajout de quatre sièges, les trois conseillers de l'opposition ayant voté contre la motion lors de la séance spéciale ont manifesté leur mécontentement à l'Hebdo.
« Je pense que le fait d'avoir 16 districts n'est pas nécessaire. Personnellement, j'ai fait le calcul, et le redécoupage ne fera qu'ajouter une dépense supplémentaire inutile » a soutenu la conseillère Sylvie Langlois-Brouillette. « Personne ne nous a consultés sur la nouvelle disposition cartographique! Mon territoire a été coupé des deux tiers en 2002, et voilà qu'il diminuerait encore de moitié, ce qui me laisserait 16 % des électeurs que j'avais en 2001. Et lorsqu'on se compare à plusieurs autres villes, non seulement la tendance est-elle à la réduction de sièges de conseillers, mais encore des villes telles que Gatineau et Laval, ont respectivement 17 élus pour 245 000 électeurs, et 21 conseillers pour une population de 400 000, ce qui représente en moyenne 11 000 électeurs par district, alors que l'on veut qu'il y en ait 4 000 à Repentigny » a pour sa part ajouté le conseiller Jean Langlois.
Ce dernier a également mentionné que les trois conseillers de l'opposition sont les seuls à ne pas siéger sur aucun comité. « Ils n'ont pas besoin de nous, alors pourquoi grossir l'équipe? Ces quatre nouveaux postes feront gonfler les dépenses de 150 000 $ à 200 000 $, et non 100 000 $, notamment à cause des dépenses de fonction, des sorties, du réaménagement de la salle du conseil et du huit clos », a-t-il martelé.
Quant au conseiller Daniel Labrecque, celui-ci a dénoncé le fait que les conseillers ont été conviés à la dernière minute à la séance spéciale visant à présenter le projet. « On nous a remis aucun document. C'est un manque de respect, surtout après 15 années en tant que conseiller. Ce redécoupage n'a aucune raison valable, ce n'est pas justifié. Que l'on ait 4 000 ou 5 000 électeurs par district ne fait aucune différence. Nous ne sommes plus une ville en développement! Je trouve qu'une telle dépense est un cas de conscience, surtout à l'aube d'une récession. Ils veulent augmenter le nombre de sièges de 33 % alors que ce n'est pas nous qui donnons le service, c'est l'hôtel de ville. Nous, on représente les citoyens. Et je ne les représenterai pas mieux parce que mon quartier est coupé en trois. Déjà à douze, on a de la misère à s'entendre…Tant qu'à moi, c'est une question politique. Chantal Deschamps prépare son retour et sait bien qu'il sera difficile de réunir une équipe de 16 pour quiconque voudra se présenter contre elle », a-t-il conclu.
Michel Legris
Commentaire mis en ligne le 17 juin 2008PRÉAMBULE:
Je dois avouer que j’étais mort de rire quand j’ai appris que le projet visait à protéger la démocratie mathématique, au point que, si j’avais subi une appendicectomie en bas âge, j’aurais craint que ma cicatrice ne s’entrouvre, même une cinquantaine d’années plus tard.
Fait cocasse, parlant de respect de démocratie, il n’y a eu aucune autre information que l’avis public pour annoncer l’assemblée du 12 juin, surtout pas sur le site Internet de la Ville.
CONSTATATIONS
Les membres de l’opposition ne font pas parties du comité de gestion de la Ville, composé des seuls membres de l’équipe Lemay-Deschamps, la documentation pertinente à la prise de décision ne leur étant acheminée qu’au dernier moment.
Ainsi, les membres de l’opposition n’ont pas reçu en temps opportun les informations concernant le projet de modification de la carte électorale.
SUGGESTIONS RELATIVEMENT À LA DÉMOCRATIE
Limiter le nombre d’assemblées spéciales tenues à l’insu de la population et à des heures irrégulières, surtout que s’il y a des assemblées mensuelles publiques, c’est seulement pour satisfaire aux obligations prévues à la Loi, selon les dires du conseiller André Cyr.
Gestion uniforme du règlement des assemblées sans intervention de la police politique qui obéit aveuglément à la mairesse, quand elle-même contrevient aux règles démocratiques les plus élémentaires.
Lors de l’assemblée du 12 juin, la mairesse nous a fait une autre démonstration de ce déficit démocratique :
a) Expulsions rapides de citoyens identifiés - par elle - comme favorables au parti d’opposition.
b) Menaces d’expulsion répétées à d’autres.
c) Tolérance envers certains identifiés à son clan, dont le conseiller Patrice Peltier-Rivest.
d) Limitation du droit de parole de certains avec mises en garde répétées et tolérance pour d’autres ayant eux-mêmes signalé être hors d’ordre.
Droit d’obtenir de véritables réponses aux questions soulevées concernant les sujets à l’ordre du jour avec inscription au procès-verbal.
Période d’échanges avec le Conseil suite à l’assemblée sur d’autres sujets pouvant même être apportés par le citoyen.
Respect de l’engagement électoral pour des rencontres du samedi avec des élus, comme cela se faisait jadis à Le Gardeur.
Accès aux procès-verbaux et à la documentation pertinente faisant partie d’une résolution, sans avoir à recourir à la Loi d’accès à l’information, comme ce fut le cas pour le poste de directeur de cabinet de la mairesse.
Accès au budget de la Ville, sur place ou sur le site Internet, sans avoir à recourir à la Loi d’accès à l’information, comme ce fut le cas pour le poste de directeur de cabinet de la mairesse.
Accès aux dépenses de la Ville, sur place ou sur le site Internet, sans avoir à recourir à la Loi d’accès à l’information, comme ce fut le cas pour le poste de directeur de cabinet de la mairesse.
Mise en place d’un processus de budget participatif, comme c’est le cas dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal. (NDLR - Permettez que je rêve en couleurs !)
SUGGESTIONS D’ORDRE FINANCIER
Si la Ville a de l’argent en trop, de l’ordre de 100 000$ à 200 000$, il vaudrait mieux baisser les taxes, notamment afin de respecter l’engagement pris lors de la fusion à l’effet de ne pas les augmenter, alors qu’elles l’ont été, depuis, à chaque année, de façon récurrente.
SUGGESTIONS QUANT AUX DISTRICTS ÉLECTORAUX POUR GARANTIR LA DÉMOCRATIE… MÊME MATHÉMAQUEMENT PARLANT
Compte tenu qu’en vertu des dispositions de la Loi de protection du territoire agricole (seulement 2% du territoire), l’urbanisation de la ville est quasiment terminée étant donné qu’un des objectifs recherché était d’arrêter l’étalement urbain et les coûts importants alors engendrés (rues, aqueduc, égouts, écoles, hôpitaux, etc.)
Compte tenu que
Le Gardeur comprendrait 15 516 électeurs (25%)
et Repentigny 45 259 électeurs (75%)
Le STATU QUO devrait être MAINTENU c’est-à-dire :
Le Gardeur, trois (3) districts d’environ 5 172 électeurs (25%)et Repentigny, neuf (9) districts d’environ 5 028 électeurs (75%),pour une moyenne de 5066 électeurs par district.
Et s’il est vrai que la démocratie, même mathématiquement parlant, lui tient tant à cœur, la mairesse devrait tenir compte de la majorité des avis donnés et ne pas exécuter sa décision annoncée, même si elle est allée jusqu’à mentionner que la soirée du 12 juin n’en était une que d’information (obligée ?).
Ne pas aller de l’avant avec son projet serait tout à l’honneur de cette démocrate novice.
Autrement, si elle s’entêtait à maintenir le cap, elle aurait en plus le temps de faire adopter un règlement additionnel afin de modifier le nom de Repentigny pour Duplessisville, avec comme devise « Toé, té-toé ! », on le sait, il suffit d’une assemblée spéciale.