Robert Desrosiers, de Robert Hydrolique Inc., a mérité le prix MercadOr 2008 visant à mettre en valeur les réalisations expotatrices d'une entreprise.- (Roger Lacoste)<[:AC:]$P>
Exporter à grande échelle
Un dollar canadien au sommet de sa force, abolition des quotas de production, un climat économique poussif, voilà qui n'a pas empêché Robert Desrosiers, de Robert Hydraulique Inc., de mériter le prix MercadOr 2008 pour s'être distingué à l'échelle internationale sur le plan des exportations.
Qui a dit qu'il ne fallait pas jouer avec le feu? L'inventeur et homme d'affaire se plait bien à combattre les incendies. Son matériel, des échelles aériennes hydrauliques adaptées aux camions de pompier, se présente comme un produit unique, en demande d'aussi loin que de l'autre côté du Pacifique. La Corée du Sud, satisfaite des 30 échelles de ce type qui sillonnent maintenant le Pays du matin calme, comme on le nomme parfois, a renouvelé sa commande cette année. C'est ainsi que se promènent, dans les rues de Séoul, des camions d'incendie miniatures, concept étranger au paysage québécois. Plusieurs de ces véhicules arborent les dispositifs créés et fabriqués à Le Gardeur.
Les distinctions MercadOr, accordées à cinq entreprises lanaudoises, mais aussi lavaloises et laurentiennes, revêtent une importance singulière pour Robert Desrosiers. Celui-ci, loin de s'enorgueillir de son prix, y voit surtout l'occasion de lancer des appels aux décideurs politiques. «Il faut que les intervenants comprennent que le marché de l'exportation est extrêmement difficile. Que tous les pays n'observent pas les mêmes codes de loi, les mêmes règles. Ça prend du temps et des sous pour avancer dans l'exportation internationale.» Il ajoute qu'il ne recherche pas les marques de distinction. Même l'entrevue donnée au journal est une entrave à ses principes, lui qui préfère resté low profile .
Ne pas s'asseoir sur ses lauriers
Le mécanicien de métier a réfléchi sérieusement avant de mettre en jeu sa demeure et son confort lorsqu'il s'est lancé en affaire en 1991. C'est pourquoi, aujourd'hui, il se permet de pousser l'audace jusqu'à vouloir conquérir le marché américain et européen, plus spécifiquement la France et l'Italie. «Je ne veux pas toute l'Amérique. Nous avons un maxime ici: un peu plus léger, un peu plus haut et un peu plus loin! Les pompiers des États-Unis et de la France n'ont que des nacelles à leurs camions. Les échelles sont utilisées dans plusieurs domaines d'activité comme l'électricité et les télécommunications. Nos échelles aériennes sont moins lourdes, donc endommagent moins les routes et peuvent ainsi être fixées à de plus petits véhicules. Aussi, elles sont plus sécuritaires et ne conduisent pas le courant. Tout le monde y gagne!», explique le chef d'entreprise.
Histoire de profiter du vent de prospérité qu'il connait depuis trois ans, Robert Desrosiers travaille à un nouveau prototype de nacelle hybride. Cet habitacle est capable d'une autonomie électrique de plusieurs jours, voire une ou deux semaines: une première selon lui.
Le huard peut continuer de grimper, il n'atteindra jamais assez de hauteur pour les dispositifs aériens de l'entrepreneur.